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Au cœur du monde

Dernière mise à jour : 20 mai

Ascension et Pentecôte

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LES CHEMINS DE LA FOI : de la Résurrection à l’Ascension

 

Entre la résurrection de Jésus et son départ à l’Ascension, les proches de Jésus apprennent à se détacher de lui.

 

Il n’est pas ici ! Il vous précède en Galilée !

 

Cette phrase revient comme un refrain dans les Évangiles de la résurrection et donne le ton : La Galilée, le carrefour des nations… C’est là que vous le verrez !

 

On dirait aujourd’hui :

au cœur du monde où les hommes se croisent, se rencontrent, se battent, se rejettent, se réconcilient… au cœur du monde où les hommes vivent, travaillent, créent, construisent, se détendent… au cœur du monde avec ses évolutions et ses incertitudes… »

 

Alors que les apôtres et les femmes recherchent l’intimité de Jésus, ou les traces de son corps, ils sont tous remis en route pour aller au cœur du monde :

 

-  les femmes au matin de Pâques vont au tombeau embaumer le corps de Jésus. L’ange leur dit : Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.  Il n’est pas ici, car il est ressuscité. (…) et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez. (Mt 28, 5-7).

Marie-Madeleine ne reconnaît pas Jésus ressuscité et le prend pour le jardinier. Elle ne le reconnaît que lorsqu’il l’appelle par son prénom. Autrement dit, elle ne reconnaît pas le corps physique du ressuscité, mais elle le reconnaît dans la relation qui les relie : Jésus dit : Marie, elle répond Rabbouni. (Jn 20, 11-18).

- Marie Madeleine voulait prendre le corps de Jésus, mais dès qu’elle l’a reconnu l’a reconnu,  Jésus lui dit : Ne me retiens pas (…) va trouver mes frères. Pas question de le prendre, ni de rester dans l’intimité d’avant : Jésus l’envoie annoncer la nouvelle aux Apôtres

- Jésus marche avec les disciples d’Emmaüs, mais ils ne le reconnaissent pas… Ainsi du ressuscité dans la vie des hommes : il est toujours celui qui marche avec, il est toujours celui qui accompagne, même sur les chemin sombres de nos vies, mais la plupart du temps, il n’est pas reconnu… (Lc 24, 15).

- Avant de le reconnaître, les disciples d’Emmaüs, cherchaient à le retenir, l’invitant à rester avec eux (Lc 24, 29) Mais quand il reconnaissent le ressuscité au partage du pain, ils doivent avoir encore plus envie de rester avec lui dans la joie des retrouvailles. Mais aussitôt Jésus disparaît ! Alors les disciples se relèvent (même mot que ressuscitent) et se remettent en route, dans le bon sens cette fois. (Lc 24, 30-33) Le ressuscité reconnu ne se laisse pas agripper dans nos intimités douillettes, mais il relève et remet en route sur le chemin de la vie.



C’étaient quelques exemples de ce que vivent apôtres et disciples entre la Résurrection et l’Ascension :

 

Ils vivent d’abord la reconnaissance du ressuscité, toujours par surprise, sans le reconnaître à son physique d’avant. Et les premiers à les reconnaître ne sont pas les Apôtres, mais les femmes… Rappelons-nous de cela dans l’Eglise d’aujourd’hui, lorsque nous croyons toujours que seuls des hommes consacrés sont capables de nous révéler Dieu !

 

Ils vivent ensuite l’absence : certes Jésus les rejoint sur leurs chemins de deuil, de désespoir… il les rejoint aussi au bord du lac auprès des apôtres qui ont repris leur métier de pêcheur… mais dès qu’il est reconnu il disparait, non pour jouer à cache-cache, mais pour qu’ils ne s’enferment pas dans l’intimité avec lui : Jésus ressuscité ne peut pas être retenu, agrippé. Dès qu’il est reconnu il nous échappe pour que nous nous remettions en route sur les chemins de nos vies et de la vie du monde.

 

Car ils vivent enfin leur envoi au cœur du monde : les femmes sont envoyées dire aux apôtres, les disciples d’Emmaüs viennent dire au disciples de Jérusalem. Et tous sont finalement envoyés au cœur du monde, dans la Galilée des nations pour proclamer la Bonne Nouvelle d’une résurrection pour tous :

 

Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » (Ac 1, 10-11)

 

L’ÉBAUCHE DE MARC

Je crains parfois que certaines manières de vivre la foi chrétienne nous éloigne de ce triptyque dont les apôtres et les disciples ont fait l’expérience entre la résurrection e l’ascension : reconnaissance – consentement à l’absence, mise en route vers le cœur du monde.

Quand l’essentiel de nos découvertes sur Jésus vient d’enseignements, d’explications ou de catéchèses données par un autre, ne risquons-nous de rater les vraies rencontres du ressuscité qui se sont toujours faites dans l’Evangile non par des discours, mais par des rencontres imprévues, comme par surprise, dans des situations de la vie quotidienne des apôtres et disciples

Quand l’essentiel de nos pratiques chrétiennes se passent dans les églises, ne risquons-nous pas d’oublier l’envoi au cœur des réalités du monde ?

Quand nous recherchons en priorité l’intimité de la prière, de l’adoration du Saint Sacrement, du chapelet, des chants de louange, ne risquons-nous pas de rechercher une intimité avec le Seigneur que Jésus n’a pas donnée à ses apôtres et disciples ? Ne risquons-nous pas de chercher à l’agripper pour qu’il nous réconforte ?

Toutes les rencontres du ressuscité avec ses apôtres et ses disciples remettent en route les personnes et les conduisent à aller à la rencontre des autres et aller vivre au cœur du monde : C’est là que vous le verrez dit l’ange aux femmes. Et aux disciples qui se demandaient où ils avaient vu Jésus, il leur avait dit : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »

L’Ascension, c’est en quelque sorte le constat de l’absence de Jésus dans notre intimité, et l’invitation à aller chercher sa présence au cœur du monde, au cœur de nos vies et de nos relations du quotidien. Attention, si tu ne trouves Dieu que dans l’intimité de ton cœur ou de ta prière, vérifie qu’il s’agit bien du vrai Dieu et pas seulement d’une illusion…

 

EXPRESSIONS ARTISTIQUES

Pourquoi restons-nous là à regarder le Ciel (J.-Cl. Giannada)

 

Pourquoi restons-nous là à regarder le ciel ?

Alors qu’il est là-bas sur des routes nouvelles !

Et pourquoi avoir peur ? C’est lui qui nous appelle 

C’est à portée de cœur qu’on trouve l’essentiel !

Déjà Il nous rejoint

Accueillons Sa Parole

Et parce qu’Il nous rejoint,

Nous prendrons notre envol !

Il est nos chemins

Sa Parole est la Source

Il est sur nos chemins

Parole qui ressource.

Pour partager le Pain

Ouvrons-lui notre auberge

Pour partager le Pain

Passons sur l’autre berge.

      

 LES CHEMINS DE LA FOI : La Pentecôte

 

Une autre phrase répétée dans tous les Évangiles de la Résurrection donne aussi le ton :

 

Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.

 

Allez ! De toutes les nations faites des disciples :

baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,

apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé.

Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. (Mt 28, 19-20)

 

Avez-vous repéré que le je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ne vient qu’après : Allez ! De toutes les nations faites des disciples, comme si la présence du Christ n’était donnée à ses disciples que lorsqu’ils vont annoncer l’Évangile au cœur du monde ?

 

A la Pentecôte, tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. (Ac 2, 4) Alors, dans la stupéfaction et l’émerveillement, (tous les étrangers présents à Jérusalem) disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? »



Le premier don de l’Esprit, c’est non seulement de sortir dans les carrefours des nations, mais c’est de parler à chacun dans sa langue maternelle… C’est de parler aux hommes dans leurs langues, dans leurs cultures, dans leurs préoccupations humaines…


Il y a eu de longs siècles où l’Eglise a cru devoir parler latin pour révéler le mystère, oubliant que la Bonne Nouvelle est faite pour être entendue et accueillie dans la langue des hommes de tous les temps.


Il y a encore beaucoup de personnes aujourd’hui qui reprochent à l’Eglise de parler dans un langage qui leur est hermétique ou qui ne répond pas à leurs questions et à leur recherches de sens…


C’est la Pentecôte chaque fois que les chrétiens vont à la rencontre des hommes pour parler avec eux dans les langues de leurs préoccupations, de leurs épreuves et de leurs joies, de leurs échecs et de leurs espoirs. Puisse l’Eglise être toujours cette Eglise de Pentecôte parlant le langage des hommes, habitée et nourrie de la vie du monde.

 

EXPRESSIONS ARTISTIQUES


AU CŒUR DE CE MONDE (Rimaud/Berthier – Studio SM)


Au cœur de ce monde, le souffle de l’Esprit fait retentir le cri de la Bonne Nouvelle

Au cœur de ce monde, le souffle de l’Esprit met à l’œuvre aujourd’hui des énergies nouvelles

Voyez ! les pauvres sont heureux :Ils sont premiers dans le Royaume !Voyez ! les artisans de Paix :Ils démolissent leurs frontières !Voyez ! les hommes au coeur pur :Ils trouvent Dieu en toute chose !

Voyez ! les affamés de Dieu :Ils font régner toute justice !Voyez ! les amoureux de Dieu :Ils sont amis de tous les hommes !Voyez ! ceux qui ont foi en Dieu :Ils font que dansent les montagnes !

Voyez ! le peuple est dans la joie :L´amour l´emporte sur la haine !Voyez ! les faibles sont choisis :Les orgueilleux n´ont plus de trône !Voyez! les doux qui sont vainqueurs :Ils ont la force des colombes !


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Marc THOMAS

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