• Marc THOMAS

3-Rêves de paradis perdus

Il était une fois des Paradis... 3/5

Dans les émissions précédentes, nous avons cherché comment la Bible nous présentait la Création, l’homme et le Dieu Créateur.


Maintenant, bien enracinés aujourd’hui dans le monde qui n’est pas celui des bisounours, comment éviter de nous lamenter dans la désespérance, ou de rêver à un paradis inaccessible, ou encore de nous évader vers des univers illusoires.


Bref, est-il encore possible de construire le bonheur sur cette terre ?



NOTRE EXPÉRIENCE des paradis…


AU JARDIN D’EDEN, Il était une fois un paradis terrestre…


Un Eden, comme un jardin des merveilles, lieu du bonheur absolu, ou toutes les créatures vivent e se développent en harmonie, décrite par la Bible comme la création d’un Dieu vivifiant. L’homme et la femme sont au cœur de ce monde de rêve…


Ca ressemble tellement à nos mondes rêvés,

à l’imaginaire de tout être humain en quête de bonheur…


Et pourtant, l’homme et la femme croient en être les maîtres : maitres de la vie et du bonheur, maitres d’un monde à leur service, s’imaginant tout savoir et tout pouvoir…


Manger le fruit défendu, comme l’exprime symboliquement la Bible, signifie ceci : loin d’être dans l’harmonie et la symphonie de ce monde paradisiaque, les premiers humains veulent déjà prendre le pouvoir sur ce monde et se l’approprier.


Ca ressemble tellement à nos soifs de pouvoir, au gaspillage des ressources du monde à notre seul profit, à nos égo voulant dicter leurs lois à tout et à tous, et faire ce que je veux quand je veux…


Déjà au cœur de ce paradis idyllique, les premiers humains s’accusent mutuellement de cette faute originelle. Leur prise de pouvoir met fin à ce monde de rêve.


Ce n’est pas une punition divine qui les jette dehors, c’est leur abus de pouvoir qui les expulse du paradis. Sortant du rêve, ils découvrent leur responsabilité et ils vont apprendre la vie réelle : ils se découvrent nus, sans aucune protection, affrontés aux contraintes et aux duretés d’un monde réel qu’ils ont à construire, à améliorer, à partager… Alors seulement commence la vraie vie…


Ca ressemble tellement à notre vraie vie à nous,

désarticulée par les guerres et les tensions dans nos familles et nos sociétés,

fragilisée par les virus et l’essoufflement de la planète,

éprouvée par l’inquiétude de notre devenir et de notre survie,

et parfois aussi motivée par l’énergie de transformer ce monde….


AU VENTRE MATERNEL, il était une fois un paradis terrestre…



Le ventre d’une femme, comme un espace clos et chaleureux où l’embryon recevait tout, et tout de suite sans le demander : la vie sous perfusion, la croissance, la nourriture et l’amour, mais aussi les violences, les maladies et les toxiques dont cette femme pouvait être victime…


Et l’embryon croissait, il devenait fœtus, les cellules se multipliaient et s’organisaient, se lovant dans ce paradis d’un ventre amoureux…


C’est notre histoire, c’est notre origine à chacun de nous. C’est notre mémoire inconsciente du ventre maternel, c’est aussi notre inégalité d’origine selon que ce ventre était confortable ou fragilisé, paisible et serein ou stressé, voire violenté…


Jusqu’à ce que le petit d’homme, trop à l’étroit au ventre maternel, croit peut-être sa fin venue, se trouvant jeté dehors, nu lui aussi face à un nouveau monde inconnu, comme Adam et Eve nus et sans protection sortant du paradis terrestre…


Le cordon définitivement coupé, la sortie du paradis du ventre maternel confronte l’enfant à l’insécurité et à la douleur qui pleure et qui crie. Ce petit d’homme doit apprendre à respirer tout seul… Il va apprendre à compter sur les autres, puis de plus en plus sur lui-même, pour se protéger, se vêtir, se nourrir, se déplacer… Il va apprendre à chercher en lui les ressources d’énergie pour prendre place au monde réel et y apporter sa part de créativité.


C’est notre histoire où chacun n’a pas eu la même chance de se sentir soutenu et accompagné pour franchir les étapes vers l’autonomie, pour apprendre à la fois à se suffire à lui-même et à contribuer à la croissance de la création et de la solidarité.


NOS RÊVES de paradis perdus


Pour LE BÉBÉ ET L’ENFANT

un cocon familial surprotecteur qui veut prolonger le paradis du ventre pour éviter toute souffrance et tout effort, au risque d’étouffer et d’enfermer dans l’irréel…


Pour L’ADOLESCENT ET L’ADULTE

des rejets, des contraintes et des contrariétés, ou bien des fuites du réel dans le déni, la drogue, l’alcool, la mise en danger… Dans un monde qui paraît hostile, retrouver le paradis imaginaire d’un monde ouaté et sécurisant, et du tout, tout de suite sans le demander… Une quête de « bien-être soi » clos sur soi-même, comme ce petit singe aux six mains qui se masque les yeux, les oreilles et même la bouche.


Croyant trouver son bonheur en se protégeant ou en se coupant de tout ce qui vient de l’extérieur… Croyant trouver le bonheur dans un « être soi » jamais satisfait, parfois dans un « être-entre-soi » seulement entre semblables… Centré sur soi comme si j’étais le centre du monde, comme le premier homme du paradis terrestre croquant la pomme de ce qui m’attire. Seul décideur de ce qui me convient, l’idéal devient alors de ne faire que ce que je veux, quand je veux, comme je veux…

Confondre le paradis terrestre

avec le royaume du chacun pour soi,

et penser que « l’enfer c’est les autres »

ne fait que multiplier les peurs et les guerres,

et nous rendre nostalgique

d’un passé où on se serrait les coudes.



PERDUS en quête du paradis


VIVRE EXIGE DE QUITTER LES PARADIS


Les premiers humains sont sortis de l’Eden et ont découvert la vraie vie. La Bible décrit aussi comment le peule devait sortir du camp pour rencontrer son Dieu. Le bébé doit sortir du ventre pour survivre et grandir !


Sortir des illusions, sortir des addictions, sortir de l’assistanat, sortir de sa zone de confort, sortir des sur-protections…


Sortir, toujours sortir comme la plante sort de terre pour grandir et porter fruit !


RESTER DANS L’ILLUSION DU PARADIS


C’est comme toujours se retrouver nu, sans énergie ni motivation, sans projet ni objectif, sans force ni santé, sans stature ni structure, sinon désorganisée, dans la déception, l’aigreur ou l’accusation…


Englué dans des brumes toxiques et destructrices pourtant devenues indispensables non pas à la vie mais à la survie… Jusqu’à végéter au gré du vent dans l’assistance, la léthargie ou la violence, dans des affects non canalisés multipliant les expériences amoureuses ou sexuelles, ou dans l’accumulation de petits boulots. Que de déstabilisations !


Que d’hommes et de femmes aujourd’hui sont dans la rancœur, la déprime ou la récrimination, désespérés de ne pouvoir vivre une vie paradisiaque, sans avoir pu développer l’énergie et la motivation qui en auraient fait des créateurs passionnés de la vie.


M’AJUSTER AU RÉEL


Dans les deux prochaines émissions, nous continuerons ensemble cette réflexion. Nous chercherons comment accéder avec enthousiasme à la vraie vie avec ses espoirs et ses contrariétés.


En attendant, je vous invite à réécouter cette émission ou à en relire le texte sur mon Blog « parole-semee.com » et à vous demander :


  • où j’en suis moi de mes regrets ou de ma quête du paradis perdu ?

  • qu’est-ce qui m’a manqué ou qu’est-ce qui bloque pour m’avoir donné envie de rechercher le paradis perdu ?

  • qu’est-ce qui me permettrait de sortir des regrets, du désespoir ou de la déprime et d’oser prendre une place active dans le monde tel qu’il est

  • qu’est-ce qui m’a donné la motivation de croquer la vie à pleine dents et de prendre ma place dans la construction du monde réel ?

  • Comment je peux accompagner et soutenir celles et ceux qui ont eu moins de chances que moi ?

Reve de paradis perdus
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Marc THOMAS

parole-semee@orange.fr

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