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  • Photo du rédacteurMarc THOMAS

Interroger mes certitudes



Qui d’entre nous ne s’est jamais raidi dans une discussion,

affirmant avec vigueur ses certitudes, refusant d’écouter un autre point de vue,

cherchant à convaincre que j’ai raison envers et contre tout ?


Se convertir, se transformer, changer

commence peut-être par accepter d’interroger ses certitudes…


Des certitudes

Les certitudes viennent souvent de l’extérieur : ce que j’ai appris, lu ou entendu… les groupes auxquels j’appartiens avec leurs codes, leurs idéologies.


Mes certitudes : ce à quoi je m’accroche… Ce que j’exprime en disant : je sais… j’ai raison… c’est comme ça… tu dois… il faut…

Et par exemple : Je sais mieux que toi… Je vais les convaincre… Ne discute pas… Tu racontes n’importe quoi…

Certains croyants en Dieu vivent leur foi comme autant de certitudes : ils pensent qu’ils ont la vérité sur Dieu et sur le monde (alors que Jésus invitait ses disciples à chercher la vérité !), ils veulent convertir, convaincre, faire du prosélytisme…


Des certitudes qui rassurent

Certes, il faut bien quelques certitudes pour vivre rassuré, quelques repères intangibles qui nous garantissent sécurité et sérénité. Par exemple : avoir la certitude que ma maison et ma famille sont bien assurées… pouvoir faire confiance à quelqu’un les yeux fermés… être sûr que ce qu’on me demande correspond à mes capacités… Ces certitudes-là nous rassurent ! Lorsqu’elles manquent, nous sommes déstabilisés ou insécurisés.

Ces certitudes rassurantes sont nécessaires : elles sont des repères, des tuteurs ou des guides au milieu des tempêtes et des brouillards de la vie.


Des certitudes qui raidissent et enferment


Mais je m’accroche parfois à d’autres certitudes du genre :

moi je sais… je veux me débrouiller tout seul… ils ont tort…

j’ai toujours fait comme ça, pas de raison de changer…


Ces certitudes nous enferment et nous raidissent : elles nous empêchent d’accueillir l’imprévu ou l’inconnu quand ils ne ressemblent pas à ce que nous connaissons déjà…

Certaines personnes ont tellement besoin de leurs repères qu’elles n’osent plus sortir : engoncées dans leurs certitudes, tout ce qui ne ressemble pas à du connu fait peur et rend méfiant…


Certains politiques sont tellement enfermés dans les certitudes de leurs partis qu’ils n'entendent plus les points de vue et propositions des autres : ils transforment l’opposant en ennemi, le dialogue et le débat sont remplacés par l’invective et le mépris…


Dans la société, souvent chacun ou chaque groupe campe sur ses positions : nous risquons de ne jamais écouter l’autre, d’interrompre celui qui ne pense pas comme nous, de porter des jugements sur les personnes, de nous enfermer entre semblables et de nourrir la méfiance vis-à-vis des autres…


Dans nos familles, il faut souvent éviter les sujets qui fâchent, au risque de ne plus rien pouvoir partager de ce qui nous anime. Il faut parfois obéir sans rien dire aux injonctions reçues, soi-disant pour faire plaisir. Parfois, il faut prendre le risque de la violence ou du rejet si nous ne soumettons pas aux certitudes de quelques-uns…


Les religions commencent parfois très vite à présenter leur Credo et leurs règles morales, avant même de s’intéresser à la demande de ceux qui viennent les solliciter et au sens qu’ils donnent eux-mêmes à leur démarche. Dans les Eglise, la communion le dialogue et le débat sont parfois impossibles devant l’autorité, voire l’autoritarisme de quelques-uns.


S’agripper à ses certitudes et les défendre ou vouloir les faire triompher à tout prix,

accélère l’engrenage de la violence et déclenche toutes les guerres.


Convertir nos certitudes


Vouloir vivre, être nous-mêmes, établir des relations sans risque exige de se se transformer :


Comme le ruisseau ne peut se couper de sa source, garder nos repères qui balisent nos routes et nous rassurent… garder nos convictions qui donnent élan et sens à nos vies,


Comme les branches de palmier qui ne rompent pas dans la tempête, assouplir nos rigidités qui nous enferment dans des égos démesurés et dominateurs ou dans des méfiances démesurées jusqu’à l’agressivité…


Comme l’arbre bien enraciné étend ses branches au vent, au soleil et à la pluie, rester enracinés en nous, dans nos convictions et nos repères, mais toujours ouverts à des relations qui aèrent, ensoleillent et irriguent nos vies des relations perçues comme des opportunités et non comme des menaces…


Comme le vitrail multicolore se laisse traverser d’une unique lumière, apporter nos originalités et accueillir les points de vue multicolores convertissant nos certitudes d’avoir la vérité en propositions pour construire ensemble…


Comment faire ?

Voici quelques exemples de changements de postures :

Arrête de vouloir faire comprendre,

arrête de vouloir convaincre…

Tu ne peux rien faire comprendre à l’autre, tant que l’autre ne s’ouvre pas à la compréhension… Et il y a peu de chance qu’il s’ouvre si tu forces sa porte…

au lieu de « faire comprendre », propose simplement ton point de vue demande à l’autre ce qu’il en pense et quel est le sien…

jusqu’à ce que vous puissiez dire chacun, en vous étant vraiment écoutés : ah oui, je n’avais pas pensé à ça ! Ah oui je n’avais pas vu ça…Et vous vous serez enrichis mutuellement


Quitte le « ou-ou » pour le « et-et »

Ou j’ai raison ou j’ai tort… Ou je gagne, ou je perds… Ou c’est vrai ou c’est faux… Ecris un jour un 6 sur une feuille de papier, pose cette feuille entre toi et ton voisin : tu vois un 6 et lui voit un 9 : qui a raison ou tort ?

passe au « et-et » : et je peux voir un 6 et tu peux voir un 9… Chacun voit ce que l’autre ne voit pas… Au lieu d’opposer nos points de vue, nommons les différences et les désaccords, et cherchons les convergences, les complémentarités, les compromis…

Alors tu te seras transformé : au lieu d’avoir tendance à dire : j’ai raison tu as tort, tu auras appris à dire : voila ce que je vois… et toi, que vois-tu ? Chacun existe dans la relation, en respectant les spécificités de l’autre et en construisant des solutions négociées.


Pour pouvoir t’affirmer, commence par écouter

Dans les entreprises, les salariés souffrent souvent de ne pas être entendus, alors qu’ils doivent obtempérer aux injonctions hiérarchiques. Dans nos familles, nous sommes parfois saoulés par une personne qui parle trop. D’autre fois nous nous efforçons de faire comprendre, et nous souffrons de n’être pas entendus.

Si tu veux être entendu, commence par écouter … Avant de parler à l’autre, vérifie qu’il est disponible pour t’écouter… Laisse le aller jusqu’au bout sans l’interrompre. N’écoute pas seulement ce qui confirme ton point de vue. Et avant de lui parler de toi, reformule lui ce que tu as compris en l’écoutant.

Se sentant reconnu et entendu, il sera plus disponible pour t’entendre… A condition bien sûr qu’il accepte parfois de t’écouter : certaines personnes toxiques n’en sont pas capables : dans ce cas, n’insiste pas et protège-toi !


Quitte le « tu » et parle en « je »

Le « tu » donne des ordres, impose, juge, accuse… Le « je » affirme sans imposer, ne parle que de moi et permet d’éviter toute parole agressive ou blessante.

Parler en « je » me permet d’exprimer ce que je pense, ce que je ressens, ce dont j’ai besoin, ce que je demande… Et me permet ensuite de dire à l’autre : « et toi, que souhaites-tu me dire (de toi, de ton point de vue…)

Et quand deux « je » se parlent et s’écoutent, sans jugement, le dialogue s’établit, les désaccords sont possibles sans blessures, la relation devient saine car chacun peut être « je » dans une relation respectueuse et constructive…


Des convictions nourrissantes et partagées

Je vous propose un changement de posture, une véritable conversion : remplaçons nos certitudes par nos convictions !


Il y avait les certitudes du pharisien qui se croyait meilleur que tout le monde grâce à son respect des règles et des principes...

Il y a les convictions des mages qui étudiaient les étoiles et cherchaient la lumière :

ils se sont mis en route pour « suivre leur étoile »


Mes convictions, c’est ce que je ressens et ce que j’exprime en disant : j’y crois… je désire… j’aspire… j’espère… si seulement…

par exemple :

je crois en mes/tes capacités… … Je crois en Dieu, je crois en l’Homme… Je désire progresser et nouer des relations sereines et épanouissantes… J’aspire à une vie paisible, à un amour sincère… J’espère trouver enfin ma voie… Je veux contribuer à rendre ce monde habitable…

Au lieu de nous accrocher

à nos certitudes figées,

laissons-nous inspirer

par nos convictions énergisantes.





Les certitudes viennent de l’extérieur, imposées par des idéologies ou des peurs… Les convictions viennent du dedans de nous, inspirées par notre soif de vivre vrai…


Les certitudes sont des injonctions mentales qui nous « prennent la tête ». Les convictions sont des ressentis profonds comme des élans du cœur.


Les certitudes ne sont jamais la vérité, mais notre interprétation partielle et partiale de ce que nous percevons. Les convictions et les élans du cœur sont toujours vrais et sincères même s’ils ont besoin d’être canalisés et orientés de façon constructive.


Convertir mes certitudes en convictions…

Interroger mes certitudes, me retourner vers mes convictions, pas pour perdre mes repères, ni pour tomber dans l’incertitude, mais pour vivre mes convictions dans mon quotidien et mes relations, pour transformer mon existence et restaurer mon énergie vitale.

Interroger mes certitudes
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Marc THOMAS

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