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Tant d’incompréhensions, de tensions, de dialogues ratés et d’embrouille, parce que chacun veut convaincre l’autre ou lui faire comprendre, sans s’être demandé s’il était disposé à entendre et à accueillir…

Nous ne serons entendus que si nous écoutons d’abord…

 

S’ÉCOUTER EN FAMILLE

 

Une jeune femme de 22 ans vit toujours chez ses parents tout en ayant un petit copain.

Elle dit à son père : « Papa, j’ai quelque chose à te dire. »

Son père se rend disponible et lui dit : « Que veux-tu me dire, ma fille ? »

Sa fille lui répond : « Papa, je suis enceinte. »

 

Plein de bonne volonté son père lui dit :

« Tu sais ma fille, c’est une grande responsabilité pour toi… Ca va changer ta vie et tes projets… Je veux que tu me présentes ce garçon pour voir s’il est capable aussi d’assumer ses responsabilités. Et puis il faut en parler à tes grands parents. Moi, je serai toujours là pour te soutenir. »

 

Sa fille lui répond : « Papa, j’avais peur que tu me jettes dehors ! » Son père : « Comment as-t pu penser ça, ma fille. Jamais je ne te mettrai dehors ! Encore moins maintenant ! »

 

Bel échange entre un père et sa fille ? Oui et non !

Ne trouvez-vous pas qu’il manque quelque chose ?


A ce papa qui me racontait cela, j’ai posé une question :

« Et ta fille, comment elle vit sa grossesse ?

Heureuse ? Apeurée ? Déstabilisée ?

Le voulait-elle cet enfant ? S’est-elle demandé si elle allait le garder ?

Est-ce le moment pour elle d’en parler à ses grands parents ? »

Et systématiquement, ce papa me répondait : « Je ne sais pas ! »

 

Voyez-vous maintenant ce qui manque ?

Quand sa fille lui annoncé sa grossesse,

ce père s’est précipité avec beaucoup de bonne volonté

dans son rôle de père qui conseille, analyse, protège…

Il a seulement oublié de se demander

comment sa fille vivait cet événement imprévu.

Il a seulement oublié d’écouter sa fille d’abord !

 

Il aurait suffit qu’il lui dise :

« Et toi, comment tu vis ça ? Qu’est-ce que ça te fait d’être enceinte ? »

Elle lui aurait dit alors sa joie ou sa détresse, son bonheur ou sa peur, ou les deux à la fois…

Elle lui aurait peut-être dit aussi sa culpabilité qui semble sous-jacente à sa crainte d’être rejetée par son père…

Écouter d’abord, pour mieux accompagner ensuite…


 QUAND JE NE SUIS PAS ENTENDU

 

Avez-vous déjà fait l’expérience de partager à quelqu’un une difficulté que vous traversez et dans laquelle vous ne savez pas comment vous en sortir ?

 

La personne qui semble vous écouter a la bonne intention de vous aider, et vous répond : « tu devrais faire comme si… Moi, à ta place, je ferais… » Et vous vous dites aussitôt : « C’est facile à dire ce qu’elle me répond, mais elle n’a pas compris que c’est impossible à faire pour moi… » Cette personne croit vous aider en vous donnant ses solutions à elle, avant de vous avoir vraiment écouté.

 

Ou bien une autre personne vous répond : « Ah j’ai déjà vécu ça moi aussi, avec un tel… il s’est passé ça… et je m’en suis sorti en faisant ça… » Et vous vous dites encore : « Je lui parle de moi, elle ne m’écoute pas puisqu’elle me parle d’elle ! Ça lui fait penser à quelque chose qu’elle a vécu, mais elle ne se rend pas compte que ce n’est pas la même situation et que je ne réagirai jamais comme elle… » Cette personne est centrée sur elle et n’entend que ce qui est important pour elle…

 

Dans une telle situation où je partage à quelqu’un quelque chose de lourd pour moi,

qu’est-ce qui me ferait du bien ?

 

  • Surtout pas qu’il me donne ses solutions tout de suite. Même s’il le fait avec toute sa bonne volonté pour m’aider. Parce que ses solutions sont les siennes, alors qu’il ne sait pas encore comment je vis cette situation.

 

  • J’aurais besoin d’abord d’être écouté et accueilli tel que je suis dans ma difficulté :

« J’imagine que c’est dur pour toi… comment tu vis ça ? »

 

  • J’aurais besoin aussi d’être aidé à exprimer ce qui est difficile pour moi :

« Ca fait longtemps que ça dure ? ... C’est la première fois que ça t’arrive ? … Qu’est-ce que tu ressens : tristesse, colère, abattement, énervement… ? … Tu peux en parler avec la personne concernée ? … Tu as d’autres personnes qui te soutiennent ?...

 

  • Seulement après ça, j’aurais besoin d’être accompagné pour chercher une solution.

Non pas qu’il me donne ses solutions à lui mais que nous les cherchions ensemble :

« As-tu une idée de la manière dont tu peux réagir ? As-tu des moyens pour en sortir ?...

Et ensuite seulement : « Si je te propose telle piste de solution, qu’en penses-tu ? »

 

Accompagner l’autre dans l’épreuve,

dans sa parole où il se désinfecte lui-même,

dans sa recherche de solution…




ÉCOUTER POUR SORTIR D’UNE TENSION RELATIONNELLE

 

Souvent dans une incompréhension, nous cherchons à convaincre l’autre, nous voulons lui faire comprendre… Non seulement ça ne marche pas, mais ça amplifie souvent le problème !

 

Ou bien quand nous sommes blessés, nous ruminons, nous accusons, nous allons nous plaindre en racontant en boucle tout le mal que l’autre nous a fait… Au lieu de nous apaiser, cela nous plonge dans l’aigreur, le ressentiment… et parfois, des années après, nous en voulons encore à l’autre…

 

Une seule solution pour sortir de la tension et de la blessure :

prendre le temps qu’il faut pour pouvoir s’écouter…

 

J’ai eu un gros différend avec une personne dont je suis très proche. Une parole maladroite de ma part l’a blessée, alors même que je voulais la protéger. Pendant plusieurs semaines, notre relation blessée elle aussi nous a tenus à distance sans possibilité de se parler. Et c’était très douloureux pour chacun de nous.

 

Et puis trois semaines après, cette personne m’a demandé si on pouvait se parler. Il faut parfois du temps pour désinfecter la blessure et pour pouvoir la regarder en face et l’exprimer… Nous nous sommes retrouvés en lieu neutre, les retrouvailles étaient tendues. Elle m’a raconté la manière dont elle a vécu la scène. J’avais sans cesse envie de l’interrompre pour me justifier : « Mais non, ce n’est pas cela que j’ai dit, que j’ai fait… » Mais je me suis contenu et je l’ai laissée parler et exprimer sa vision de la situation. Je me suis rendu compte en l’écoutant que ma maladresse n’était pas la seule cause de sa blessure : ce que j’avais dit avait réveillé en elle une blessure de son enfance qui n’avait rien à voir avec moi puisque nous ne nous connaissons que depuis quelques années.

 

A la fin de son récit, je lui ai simplement dit : « Si tu as vécu les choses comme cela, je comprends que tu aies été profondément blessée. Je comprends que ce que ça a réveillé en toi ait été si douloureux. » Bref, j’ai mis de côté momentanément mes propres réactions, pour me centrer sur elle uniquement.

 

Puis je lui ai demandé si elle pouvait entendre comment moi j’avais vécu cet événement. J’ai alors reconnu que mon expression avait été maladroite, car je l’avais formulée comme une boutade. Je lui ai dit que justement mon intention avait été alors de la protéger parce que je la savais sensible. Puis j’ai pu lui partager la douleur qui avait été la mienne quand elle avait cru que je voulais lui faire mal et qu’elle m’avait alors tenu à distance. J’ai pu aussi me centrer sur moi, mais en distinguant ce moment de celui où j’étais centré sur elle.

 

Nous nous sommes quittés satisfaits d’avoir pu se parler chacun son tour, et d’avoir pu s’écouter mutuellement. Mais la relation chaleureuse n’était pas encore rétablie.

 

Quelques heures après, elle m’a mis un message WhatsApp pour me dire merci et me dire qu’on pouvait passer à autre chose et reprendre nos échanges. Je lui ai alors demandé ce qui avait permis ce changement qui sonnait comme une libération.


Elle m’a juste répondu :

« Merci, car je me suis sentie écoutée et comprise. »

 

Ecouter l’autre d’abord, pour le rejoindre là où il est et le reconnaître dans ce qu’il vit. Ensuite seulement, parce que la personne s’est sentie écoutée et comprise, elle peut aussi m’écouter. Nos versions sont différentes, mais elles reconstruisent l’événement de façon plus apaisante…

 

Stop à la justification et à la volonté de convaincre, simplement écouter et comprendre…

Et seulement après m’expliquer si la porte est ouverte...


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Marc THOMAS



La suite : L’ÉCOUTE ACTIVE, ou comment écouter ?

en ligne à partir du 20 avril 2024



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