Inséparables
Dernière mise à jour : il y a 1 jour
J’écris ce texte dans la continuité de l’émission précédente intitulée : « Dieu est humain »
De qui êtes-vous inséparables ? une personne que vous aimez ? un ou une ami·e ? Gardez au cœur cette belle relation que vous vivez avec votre inséparable, et dans cet esprit, écoutez cette émission. Qui donc sont ici les inséparables ?
Je vais pourtant parler de l’Ascension, de la Pentecôte et de l’Assomption…

L’ASCENSION : JÉSUS S’ÉLÈVE ET IL EST AVEC NOUS
Vous me direz que ce Jésus au cœur du monde pendant son incarnation en Palestine est bien reparti vers le Ciel à sa Résurrection ! Oui, ses disciples le virent bien monter au Ciel. Les Actes des Apôtres racontent l’évènement : « Comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » (Ac 1, 9-11) Dès l’Ascension, l’ange prévient les disciples : Ce n’est pas en restant tournés vers le Ciel que vous aller retrouver Jésus et rencontrer Dieu ! C’est très clair !
Déjà les disciples d’Emmaüs avaient constaté sa disparition dès qu’ils l’avaient reconnu. Déjà le Ressuscité avait dit à Marie-Madeleine : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père » (Jn 20,17). Chaque fois que le Ressuscité se rend présent à ses Apôtres, il est insaisissable : il est là alors que les portes sont fermées, il se dérobe aussitôt… C’est cela l’Ascension : non pas un Dieu qui retourne dans son Ciel, mais un Dieu que personne peut s’accaparer, un Dieu qui échappe à tous ceux et celles qui veulent l’enfermer dans leurs propres conceptions, dans leurs discours, dans leurs ostensoirs ou dans leurs Eglises. Le Ressuscité qui s’élève vers le Ciel vient de dire à ses disciples : « Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Ce Dieu-là est présent au quotidien. Sa présence n’est plus physique, elle est toujours une expérience intérieure intense de l’ordre de la rencontre, une présence réelle qui nous échappe dès que nous voulons la garder ou la posséder.
PENTECÔTE : QUAND L’EGLISE PARLE LA LANGUE DE TOUS LES HOMMES
Après la Résurrection, les Apôtres étaient enfermés dans leur maison et dans leurs peurs et les Actes des Apôtres décrivent. Et voici la venue de l’Esprit à la Pentecôte : elle ouvre les portes et elle fait sortir les Apôtres à la rencontre des hommes : « Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Or il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. (…) Chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. (…) Ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? (…) Tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » (Ac 2, 2-11).
Bref, Dieu n’est plus au Ciel, l’Esprit souffle bien au cœur du monde. Vous voulez un signe pour le reconnaître ? Le voici : comme Jésus rencontrait les foules qui le suivaient, les petits, les malades, les Zachée et les jeune homme riche, la Samaritaine et la femme adultère, de même le signe de la rencontre de Jésus aujourd’hui, c’est quand nos contemporains entendent les chrétiens parler dans leurs langues, dans la langue de leur vie, de leurs soucis, de leurs quêtes de sens. Alors Dieu est présent au cœur du monde. Mais quand l’Eglise est perçue comme une institution qui parle une langue désincarnée ou déconnectée de la réalité, quand elle condamne plus vite qu’elle n’aide à réfléchir, vous pouvez être sûr que cette Eglise-là n’est pas en connexion au Dieu de Jésus Christ.
L’ASSOMPTION DE MARIE : IL N’Y A PLUS DE FRONTIÈRE ENTRE LE CIEL ET LA TERRE
Et pourtant, les catholiques célèbrent le 15 août l’assomption de Marie. Elle n'est pas décrite dans la Bible, mais repose sur une ancienne tradition chrétienne proclamée comme dogme très récemment par le pape Pie XII en 1950. Rien ni personne ne nous dit comment ça s’est passé, et l’Eglise elle-même ne donne aucun détail. Si vous voulez en savoir plus sur la manière dont l’Eglise conçoit cette Assomption de Marie, je vous invite à aller aux sources des documents officiels de l’Eglise qui sont beaucoup plus discrets que bien des discours spirituels d’aujourd’hui : vous pouvez y avoir accès au lien suivant : https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/assomption/370442-lassomption-de-la-vierge-par-mgr-rey/
J’écris ces lignes le 15 août 2026. Et ce matin, il m’est venu ceci : l'Assomption de Marie manifeste explicitement qu'il n'y a plus de frontière entre le Ciel et la terre. Ce n’est plus l’âme auprès de Dieu et le corps en terre. D’ailleurs cette distinction entre corps et âme est inconnue au temps de Jésus. A l’époque et dans la culture juive, le mot corps ne signifiait pas seulement la chair, mais aussi le cœur et toute l’énergie de l’homme à aimer, à construire, à créer… C’est tout ce qui a fait l’être humain qui est divinisé.
L’Assomption est le miroir de l’Annonciation : à l’Annonciation, Marie, jeune femme comme tant d'autres, se retrouve enceinte de Dieu : elle donne un corps humain à Dieu. Inimaginable à regard humain ! A l’Assomption, l’Eglise associe le corps humain de Marie, c’est-à-dire toute son humanité, à la résurrection de son Fils, prémices de ce qui nous arrivera à nous-mêmes. Inimaginable à regard humain ! Dans l’Assomption, le Ciel et la terre sont devenus inséparables !
Dans la mentalité des hommes, Dieu est au Ciel et l’homme est sur la terre.
Depuis l’annonciation Dieu a pris corps, Dieu est humain.
Depuis l’assomption, l’homme et la femme sont au cœur de Dieu, ils sont divins.
Depuis la Résurrection, Jésus est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Ce n’est plus au ciel qu’il faut le chercher, mais en nous ! Si nous prions, ne cherchons pas Dieu à l’extérieur, ne nous contentons pas de formules toutes faites, mais centrons-nous à l’intérieur de nous et accueillons nos ressentis, nos intuitions, nos aspirations : c’est là que Dieu réside, comme notre inséparable.…
Le Dieu d’amour n’est plus au Ciel, mais il est dans nos amours, dans nos rencontres, dans les soutiens que nous recevons et donnons
Le Dieu qui sauve n’est plus au Ciel, mais dans les compétences des médecins qui soignent, des pompiers qui sauvent nos maisons, dans les mains tendues et dans les énergies de solidarité, dans les paroles qui apaisent…
Ainsi Dieu sauve aujourd’hui, mais jamais sans la collaboration de l’homme capable de merveilles créatrices et capable aussi d’horreurs destructrices. Le cœur de Dieu sauve, mais Dieu n’a plus de mains. Le cœur de l’homme a des mains pour actualiser le salut.
« LA GLOIRE DE DIEU, C’EST L’HOMME VIVANT. LA VIE DE L’HOMME, C’EST DE VOIR DIEU »
(Saint Irénée au 2ème siècle)

Dieu parmi les hommes
Auteur : Michel Scouarnec - Compositeur : Jo Akepsimas
Editeur : Studio SM - Cote Secli : E118-1
Dieu parmi les hommes
Dieu sur nos chemins
Proche est ton Royaume
Viens ! Viens !
1 Pour dire l’amour de ton Père Qui aura ta voix ? Pour suivre la route des pauvres Qui aura ton cœur ? 2 Pour être lumière du monde Qui aura tes yeux ? Pour être la joie de ses frères Qui aura tes mains ? | 3 Pour être affamés de justice Qui voudra ta faim ? Pour vaincre le poids de la haine Qui voudra ta croix ? 4 Pour être le sel de la terre Qui prendra ton corps ? Pour vivre aujourd’hui de ta vie Qui vivra de toi ? |

Marc THOMAS





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