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Exprimer mon désaccord

il y a 3 heures
5 min de lecture




C’est souvent difficile d’exprimer son désaccord : en famille, avec nos amis, au travail, dans la vie sociale, et même dans nos paroisses.

C’est difficile car deux écueils risquent d’abîmer ou de détruire les relations :

 

Le premier écueil, c’est la guerre contre l’autre : c’est l’affrontement direct, la réponse du tac au tac, l’expression agressive : « tu dis n’importe quoi ! », « c’est pas vrai ! », « c’est comme ça et tu ne discutes pas ». Nous savons que ces affrontements font monter la tension, parfois jusqu’à la violence et risquent de faire exploser la relation. Beaucoup de débats politiques à la télévision en sont l’expression : tout le monde parle en même temps sans écouter l’autre, et chacun passe son temps à dire de façon agressive que l’autre a tort et raconte n’importe quoi. Dans ce premier écueil, chacun parle le « tu » de l’accusation et du reproche. Et si j’essaye d’affirmer mes convictions, je suis aussitôt interrompu et jugé par l’autre. Cette guerre contre l’autre cherche qui va être écrasé en premier !

 

Le deuxième écueil, c’est la guerre contre moi : c’est le silence. Je me tais pour ne pas déplaire ou pour ne pas être rejeté, je me tais pour me protéger car si je parle, l’autre va me « rentrer dedans » comme on dit. Je me tais aussi pour préserver la relation, mais ce silence ne favorise pas une relation de confiance. Ces silences nous rongent et nous intoxiquent. Nous croyons préserver les relations, mais finalement nous ensemençons le malaise et la méfiance. Dans ce deuxième écueil, je ne peux jamais être moi-même, car je ne peux jamais dire paisiblement ce que je pense, ce que je crois, ce que je ressens, ce que je désire. Cette guerre contre moi où je m’écrase moi-même.

 

Alors pour éviter ces écueils qui conduisent tous deux à la violence sur l’autre ou sur soi, y a-t-il une troisième voie pour exprimer son désaccord ? Cette troisième voie s’enracine dans la prise de conscience de la diversité des points de vue. Le prêtre Jean Sullivan écrit :

« La vérité est une immense verrière tombée à terre, éclatée en mille morceaux. Les hommes se précipitent, se penchent, prennent un fragment, le brandissent comme une arme en disant : « Je tiens la vérité. » Il faudrait patiemment rassembler les morceaux, les souder au ciment de l’amitié, et enfin la vérité ferait chanter la lumière. »

Nous savons qu’un vitrail n’est beau qu’à deux conditions : qu’il soit constitué de couleurs et de formes différentes ajustées les unes aux autres, et qu’il se laisse traverser par une lumière qui vient d’ailleurs. Ainsi de la communication en situation de désaccord : regarder, écouter, accueillir les couleurs différentes des convictions, mais aussi consentir à ne pas posséder la vérité, une vérité qui est toujours au-delà de ce que nous en percevons, et se laisser traverser par cette vérité qui va s’enrichir en prenant les nuances infinies de toutes nos couleurs. Vous me direz que tout cela, c’est de la poésie, et que c’est bien difficile de le vivre au quotidien.

 

Je prends donc un exemple. Une amie qui a des responsabilités dans une équipe éducative me disait sa difficulté : son responsable direct vient à tout instant dans son bureau pour lui parler. Elle apprécie l’échange, mais ces intrusions fréquentes la perturbent car elle a besoin de concentration pour faire son travail. Et cette amie me disait : « Mais c’est mon chef ! Comment je peux lui dire qu’il me dérange ? »

 

Je lui ai répondu ceci : pour trouver la bonne manière de lui dire ta difficulté, il s'agit de parler de toi et pas de lui. Si tu parles de lui, ça risque toujours d'apparaître comme un reproche. Si tu parles de toi, ça pourrait être en plusieurs étapes :

 

  1. J'apprécie que nous puissions échanger tous les deux au sujet de nos missions et de notre collaboration : ça correspond pour moi à un besoin d'échange, de partage, de coordination, etc.   

    C’est la reconnaissance de l’autre, mon accueil de son besoin et l’enracinement dans ce qui nous est commun

  2. Mais j'ai un autre besoin qui peut apparaître comme contradictoire : pour effectuer mon travail, j'ai besoin de calme pour pouvoir me concentrer, et si je suis souvent interrompu, ça me perturbe... Du coup quand tu viens me parler plusieurs fois par jour, j'ai beaucoup de mal à me déconnecter, et donc je n’arrive pas à t'écouter vraiment car je suis centré sur mon travail, et je me dis que je n'arriverai pas à terminer...           (Je ne fais pas de reproches à l’autre, mais je nomme les faits et j’exprime ma difficulté)

  3. Est-ce qu'on peut s'organiser pour faire place à nos temps d'échange si importants sans perturber notre efficacité ?              Je propose la recherche d’une solution  prenant en compte les deux besoins)

 

4.    Ce qui n'empêche pas bien sûr, en cas d'urgence, de se faire appel mutuellement...

      Je laisse une variable d’ajustement

 

Ces 4 temps sont les étapes d’une démarche constructive en situation de désaccord. Tout cela est bien sûr à ajuster à la situation réelle et à exprimer avec mes mots à moi , mais aussi en prenant en compte les capacités d’écoute et d’expression de l’autre.


Cette adaptation parfois onéreuse est bien plus efficace que l’affrontement…



ON N'A PAS LE MÊME DRAPEAU

Grégoire

On n'a pas le même drapeau

Ni la même couleur de peau

On n'a pas le même langage

La même culture, les mêmes images


On n'a pas les mêmes racines

Les mêmes idoles qui nous fascinent

Mais chacun de nous est vivant

Avec la même couleur de sang


Et on a tous le même soleil

Et la même lune sur nos sommeils

Et on a tous une main à tendre

Peut-on encore vraiment attendre?


On n'a pas les mêmes coutumes

D'autres rites, d'autres costumes

On n'a pas les mêmes histoires

Mais nos mélanges fait l'histoire


On n'a pas les mêmes parents

Mais on est tous encore enfant

Et tous issus d'un métissage

Devenus fous mais nés si sages

Car on a tous la même planète

Qui nous supplie d'être moins bêtes

Et on a tous une main à tendre

Peut-on encore, vraiment attendre ?


Une main avec nos différences

Et le pouvoir d'en faire une chance


Car on a tous la même planète

Qui nous supplie d'être moins bêtes

Et on a tous une main à tendre

Peut-on encore, vraiment attendre ?


Car on a tous le même soleil

Et la même lune sur nos sommeils

Et on a tous une main à tendre

Peut-on encore vraiment attendre ?


Car on a tous le même soleil

Et on a tous une main à tendre

Peut-on encore seulement attendre  ?

 

Chanté par Anilka





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