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Marie, l'humanité de Dieu



A l’occasion de la fête de l’Assomption de Marie, en ce 15 août, je vous propose quelques pistes, pour interroger ensemble les représentations que nous avons de Marie et la place que nous lui donnons dans notre vie et dans notre foi.



UNE TOUTE JEUNE FEMME SEMBLABLE À TANT D’AUTRES

 

Dieu est bizarre ! On aurait pu s’attendre à ce que Dieu aille chercher une femme reconnue de l’époque, ayant déjà une expérience de la vie, avec une bonne réputation dans la communauté juive de l’époque. Bref une femme un peu mature…

 

Eh bien non, Dieu choisit une très jeune fille semblable à tant d'autres jeunes filles de Nazareth. Marie est comme vous et moi, plus petite et plus humble encore que vous et moi : jamais elle n'aurait imaginé que Dieu vienne chez elle, pour lui parler et plus encore : faire d’elle sa « porte-Parole ». Un Dieu qui s’incarne au ventre d’une jeune femme : quelle nouvelle ! Alors Marie n’est pas une statue : toute sa vie, elle restera cette mère présente, humble, discrète, attentive… comme tant de femmes, comme tant de mères d’aujourd’hui et de tous les temps.

 

UNE FIANCÉE ENCEINTE DE DIEU

 

Dieu choisit une jeune femme amoureuse de Joseph, et Dieu prend le risque qu’on la montre du doigt : qui est donc cette fiancée, enceinte avant son mariage, et dont le père n’est pas son fiancé ? Vous imaginez les ragots, les ladi-lafé autour de Marie ? Qui est ce Dieu qui s’immisce dans l’histoire d’amour naissante entre Marie et Joseph, au point que Joseph va envisager de rompre parce qu’il se sent trompé ? Tous les hommes et les femmes victimes de l’infidélité de leur conjoint peuvent comprendre cela !

Un Dieu qui s’empare du corps d’une femme fiancée et la rend enceinte. Même si c’est par l’opération du Saint-Esprit, j’avoue que cette pensée m’interroge et me gêne. Peut-être que cela vous choque, mais j’ai choisi de réfléchir à cela avec vous aujourd’hui, tout en gardant en mémoire la grande Tradition de l’Eglise. Si Dieu a choisi d’avoir besoin du ventre d’une femme pour engendrer son Fils à l’humanité, pourquoi ne pas se servir aussi de l’amour d’une femme et d’un homme pour engendrer cet Amour divin ? Dieu aurait pu adopter le fruit de l’amour de Marie et Joseph et le choisir comme son Fils bien aimé pour être le Sauveur du monde. Le choisir d’une manière toute particulière, mais dans le même esprit que tout homme et toute femme sont fils et filles de Dieu et reçoivent de sa part une mission pour continuer l’œuvre du Dieu créateur et sauveur au cœur du monde.

 

UNE FEMME QUI ACCOUCHE UN DIEU HUMAIN

 

Les évangélistes n’étaient pas présents, ni à la conception, ni à la naissance de Jésus. Des années plus tard, ils ont probablement reçu le témoignage de Marie et de Joseph, et ils ont admiré leur foi dans l’intervention de Dieu au cœur de leur amour. Ils ont donc voulu insister en décrivant, non pas comment les choses se sont passés, mais plutôt quel est le sens inimaginable du projet de Dieu : un Dieu qui choisit de venir prendre corps au ventre d’une femme, un Dieu qui vient accoucher en humain, un Dieu devenu humain parmi les humains : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14)

 

L’important n’est donc pas la manière dont s’est réalisée la conception de Jésus. Le plus important est le projet de Dieu : Dieu devient humain, Dieu vient rejoindre l’homme au cœur du monde, c’est au cœur de la vie humaine que se réalise le salut !

 

DEPUIS L’ACCOUCHEMENT PAR MARIE, LE CIEL EST VIDE

 

Que toutes celles et tous ceux qui croient encore qu’on trouve Dieu en se tournant vers le Ciel l’entendent enfin : vous ne trouverez au ciel que les projections de vos illusions ou des fausses images de Dieu qui ont traversé l’histoire ? comme un marionnettiste qui piloterait ses marionnettes du haut de sa Toute Puissance, du haut de son ciel bien loin de l’humanité. Fausses images de Dieu qui traversent toutes les cultures, y compris la culture chrétienne. Depuis l’incarnation, le ciel est vide. Dieu n’est plus au ciel, il est au cœur du monde. L’évangéliste Jean écrit : « Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jn 1, 9-10). De même, l’ange de la Résurrection dit aux femmes : « allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez. » Et chacun sait que dans l’Evangile, la Galilée, c’est le carrefour des nations.

 

Quand nous prions « Notre Père qui est aux Cieux », nous ne renvoyons pas Dieu dans les nuages, car le mot « Cieux » dans la Bible ne s’oppose pas à la terre : il désigne l’univers entier. Et quand on dit que Dieu est aux Cieux, on ne dit pas qu’il n’est pas sur terre, on dit seulement que personne ne peut se l’approprier ni l’enfermer dans ses propres conceptions personnelles. Ceci est vrai aussi pour celui qui écrit ces lignes ou qui vous parle en ce moment !

 


Saurais-je dire oui


Patrick RICHARD


SAURAIS-JE DIRE OUI COMME TOI, MARIE

TOUT ACCUEIL ET TOUTE GRACE, VISAGE DE PAIX

SAURAIS-JE DIRE OUI COMME TOI, MARIE

BIENHEUREUSE MERE DU SEIGNEUR.

 

1  Quand tout semble dans la nuit

Tu fais se lever le jour

Tu montres que par un “oui”

La vie peut danser l’amour.

 

2 Comme une fleur épanouie

Ton cœur s’ouvre à la confiance

Comme une rosée d’après la nuit

Ton matin chante l’Espérance.

 

3 Quand l’horizon est prisonnier

Par l’égoïsme de nos mains

Tu nous montres que tout donner

Crée l’espoir d’un lendemain.

  



Marc THOMAS


1 commentaire

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Agnes
il y a 5 jours
Noté 5 étoiles sur 5.

Un grand merci "délicat" pour votre réflexion sur la fête de l'Assomption. Bien "coeurdialement"

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