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Empathie

31 juil.
4 min de lecture


Nous connaissons l’antipathie, la sympathie, l’apathie, l’homéopathie…

Mais que signifie exactement l’empathie ? Au lieu d’en donner une définition théorique et intellectuelle, je préfère vous partager mon expérience de l’empathie. Son nom vient du grec « pathein » qui signifie passion, au double sens d’amour et de souffrance. L’empathie n’est donc pas une idée, mais un ressenti. On la définit parfois par : ressentir ce que l’autre ressent, sans se laisser envahir.



Les personnes que j’accompagne et beaucoup de mes amis me disent que j’ai une grande empathie. Je crois avoir appris à écouter l’autre tel qu’il est, sans aucun jugement sur sa personne, en vérifiant toujours auprès de lui que ce que j’ai entendu et compris correspond à ce qu’il voulait dire.

 

J’aime écouter, simplement écouter, sans chercher ce que je vais répondre, seulement pour permettre à l’autre de s’entendre, de s’entendre dire, de se sentir entendu, compris, accueilli.

 

J’aime écouter ce que les mots ne disent pas, mais ce que les ressentis expriment, ce que les émotions portent comme message de notre intériorité ; ce que les postures, les regards, les mimiques laissent transparaître des émotions et des messages de notre intériorité dont elles sont porteuses. J’aime relever ces lapsus, ces mots imprévus, ces silences, et y débusquer les poids qu’ils déposent et les portes intérieures qu’ils ouvrent.

 

Je m’étais laissé dire que l’écoutant devait être neutre… Carl Rogers m’a appris à ressentir ce que l’autre ressent, à écouter en moi l’écho des ressentis de l’autre, à accueillir les pensées imprévues qui me viennent ou les mots qui surgissent comme un flash à ma conscience quand je suis centré sur l’autre. Alors je les propose à l’autre, et lui seul peut valider ou laisser de côté ce que je lui propose. Quand je reformule ainsi ce que j’ai accueilli et qui touche un non-dit de l’autre, il arrive souvent que les personnes me disent : « mais oui, c’est exactement ça ! Comment as-tu su cela ? » C’est alors la preuve pour moi que j’étais bien connecté à lui ou à elle et que je n’étais pas dans mon interprétation.

J’aime écouter ainsi. J’essaye seulement de refléter ce que je crois percevoir chez l’autre. Je ne suis donc pas un écoutant neutre qui ne laisse rien transparaître. L’écoute que je pratique est une écoute cordiale, une écoute qui n’entend pas seulement les mots de la pensée, une écoute qui ne cherche pas les mots de la réponse, une écoute cordiale en connexion aux ressentis de l’autre, une écoute en cœur à cœur.

 

Ce n’est pas une sympathie qui apprécie l’autre, ni une compassion qui prend en pitié. C’est une empathie où j’écoute l’autre au niveau où il se trouve. Parfois dans son cœur qui ressent, parfois dans ses tripes qui souffrent, parfois dans sa tête en quête de sens. Je me mets à l’écoute en m’ajustant moi aussi avec mon cœur, mes tripes et ma tête. J’accueille ce qu’il me partage dans ce qui résonne en moi à tous ces niveaux de mon être. En distinguant toujours ce qui parle de moi et ce qui parle de lui, à la juste distance qui évite toute confusion. Et une supervision régulière me permet de rester juste et ajusté.

 

J’aime écouter. J’aime accueillir. J’aime accompagner.

 

J’aime permettre à l’autre de déposer, de se reposer,

sans jamais imposer quelque solution que ce soit.

 

J’aime marcher avec l’autre, non pas face-à-face mais à ses côtés pour qu’il puisse regarder droit devant et choisir lui-même son propre chemin. Alors il peut être lui-même l’inventeur de ses propres solutions et redevenir acteur de sa vie



Mon amie Christelle a lu ce texte et m’a écrit sa réaction. Elle habite en Belgique et travaille comme Directrice d’une maison de Jeunes au Luxembourg. Voici comment elle réagit à mon texte sur l’empathie :




Les chrétiens me diront peut-être qu’en parlant de l’empathie cette semaine ou du sentiment d’insécurité les dernières semaines, je ne parle plus de Dieu.Et bien en ayant au cœur cette insécurité qui nous traverse et cette empathie humaine qui nous fait tant de bien, je vous invite à écouter ce chant de Michel Souarnec et Jo Akepsimas. Nous qui voyons souvent Dieu comme un juge, nous qui nous demandons s’il nous a abandonnés quand nous sommes dans la détresse, écoutons ce chant : dans l’insécurité Dieu soutient, dans la douleur comme dans la joie notre Dieu est le plus grand empathique.



Notre Dieu, le plus grand des empathiques…L’empathie du père de l’enfant prodigue qui le laisse partir et vivre sa vie, puis l’accueille en guenilles, tel qu’il est pour qu’il puisse être restauré comme son fils

L’empathie de Jésus qui sait voir Zachée, le rejoindre, aller chez lui…

L’empathie de Jésus avec l’aveugle quand il demande « que veux-tu que je fasse pour toi ? »

L’empathie de Jésus avec la femme adultère : « Personne ne t’a condamnée, moi non plus je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus. »

L’empathie de Jésus pour cette foule qui le suit au désert : « Donnez-leur vous-même à manger »

L’empathie de Jésus avec tous les éprouvés : « Venez à moi vous tous qui ployez sous le poids du fardeau et moi je vous soulagerai. »

Et vous pouvez continuer à trouver dans l’Evangile à quel point la posture d’empathie est l’une des plus fortes expression de l’amour à la manière de Dieu.




Une autre attitude, celle de l’empathie, aurait bien convenu ici, mais elle a déjà été publié dans la semaine 26 du 21 au 27 juin. Vous pouvez retrouver cette attitude au lien suivant :



Marc THOMAS

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