• Marc THOMAS

Nous sommes libres

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En cette période troublée par le virus,

notre liberté est malmenée, et certains d’entre nous

se sentent piégés par les contraintes sanitaires

ou par les décisions différentes de leurs proches.


De grandes tensions se manifestent,

des invectives, des jugements…

Je ne veux pas en rajouter sur ce ton là ni prendre parti. Je souhaite seulement aujourd’hui semer quelques paroles

qui permettent de prendre du recul et de chercher notre liberté à sa vraie source. Je souhaite aussi vous dire comment nous pouvons tous nous sentir libres

au milieu des contraintes multiples de toute vie…


Une liberté contrariée EN TOUS TEMPS


Chaque fois que nous nous taisons

parce que nous avons peur de ce que les autres vont penser…

Chaque fois que nous renonçons à nos choix pour faire plaisir à l’autre…

Chaque fois que nous nous taisons devant nos parents en famille,

devant nos chefs au travail, par peur des conséquences…

Et reviennent alors les relents d’esclavage de jadis…


Ou bien, en situation de tension ou de désaccord,

nous nous fâchons avec les autres, nous nous mettons en colère,

nous jugeons avec des paroles méchantes, nous insultons,

ou bien nous souffrons d’être jugés ou mis à l’écart…

nous ne pouvons plus nous voir… et nous ruminons notre aigreur…

Et nous sommes esclaves de nos rancœurs et de nos haines…


Et pourtant nous pouvons devenir libre dans ces circonstances là.

A deux conditions :


- d’abord l’empathie : accueillir l’autre tel qu’il est reconnaître ce qui est important pour lui, même si je ne suis pas d’accord avec lui. Renoncer à convaincre, renoncer à savoir qui a tort et qui a raison…

Chercher pourquoi il réagi différemment et si fort, qu’est-ce qui est touché en lui ? - ensuite l’affirmation de soi : après avoir accueilli et écouté l’autre, lui demander s’il veut bien m’écouter, lui exprimer ce que je moi je désire, ce que je pense, sans chercher à le convaincre, lui dire mes limites, parfois lui dire non, non pas le non du rejet de sa personne, mais le non de mon désaccord avec ce qu’il demande…


Cette liberté relationnelle est difficile, mais elle s’apprend,

comme on apprend à marcher, à lire, à compter…


Une liberté contrariée PAR LES CONTRAINTES SANITAIRES


- Certains d’entre nous sont dépendants de la peur de la maladie, pour eux-mêmes ou pour leurs proches. Sans avoir les compétences médicales requises, leurs peurs sont amplifiées par les informations contradictoires des médias et des réseaux sociaux, pour ou contre le vaccin et les contraintes sanitaires, et du coup ils se sentent perdus ne sachant plus quoi décider…

- D’autres sont dépendants des informations reçues, ne retenant souvent que les informations qui viennent conforter leur avis, avec beaucoup de méfiance et parfois de rejet vis-à-vis des autres points de vue… Et ces points de vue différents s’affrontent parfois en guerre de tranchées, jusque dans nos familles et nos lieux de travail… - D’autres se sentent dépendants des décisions des autorités Certains acceptent ces décisions les yeux fermés parce qu’elles les rassurent

ou parce qu’ils font confiance à la compétence des personnes qui les prennent. D’autres au contraire dénoncent des décisions autoritaires, voir dictatoriales. D’autres encore sont touchés dans leurs valeurs et dans leur convictions… Certains sont soulagés des décisions prises. D’autres dépriment ou se rebellent…

Le risque : tourner en rond, chercher uniquement les personnes qui pensent comme nous, ne retenir que les publications qui confortent notre point de vue… comme les sectes qui s’enferment dans une pensée unique qui finit par devenir totalitaire…


J’y vois beaucoup de dépendances, contraires à la vraie liberté. Pour sortir de ces dépendances, trois conditions me semblent requises :


- se mettre à l’écoute des points de vue différents c’est la seule manière d’avoir du recul et de se faire une opinion personnelle. Dans une clinique où des infirmières s’interrogeaient sur l’obligation vaccinale et où certaines envisageaient de quitter leur travail par refus du vaccin, j’ai animé une discussion de deux heures où chacun a pu exprimer son point de vue, tout en s’interdisant de juger ceux qui avaient un avis contraire. Tous les participants m’ont dit leur soulagement d’avoir eu ce moment d’écoute, d’affirmation de soi, d’échange sans jugements…

Je rencontre aussi des familles où la question de la vaccination produit des tensions et parfois des violences, et d’autres familles ou chacun peut exprimer ses questions, ses doutes, ses choix, dans la confiance et le respect. Quel climat de dialogue avons-nous instauré avec nos proches ?


- chercher des personnes de confiance Je suis étonné du nombre de gens qui n’ont pas de compétences médicales et qui pourtant affichent des certitudes pour ou contre le vaccin… Ne serait-il pas plus judicieux de demander l’avis de notre médecin en qui nous avons confiance plutôt que de croire tout ce qui s’écrit ou s’affirme ?

- me mettre à l’écoute de moi-même : mes valeurs, mon intuition libéré de la dépendance d’un point de vue unique, ayant parlé sereinement avec des personnes de confiance, je suis dans les meilleures dispositions pour m’écouter

et laisser émerger du dedans ce qui est bon pour moi.

Et si je suis tiraillé entre des priorités contradictoires,

j’essaye de lâcher prise et de laisser les choses se faire :

je laisse le temps au temps et mon choix va se confirmer

à un moment inattendu… LIBRES DANS LES CONTRAINTES


Pour ma part, au moment où je parle,

je suis à la Réunion sous confinement et couvre-feu.

Je dois présenter mon pass sanitaire.

Je suis donc confronté à des contraintes

qui ne me font pas plaisir.

Mais vacciné ou non,

je reste libre de me déplacer dans des périmètres fixés,

d'aller faire mes courses et mes balades

je reste libre d’aller au restaurant

à condition de prouver que je suis protégé et que je protège les autres... De même que lorsque je roule en voiture, l’arrêt imposé au feu rouge

n’est pas une atteinte à ma liberté

dans la mesure où ce feu nous permet à tous de circuler en sécurité.


Vacciné ou non, je reste libre de communiquer et de dire ce que je pense...

Libre de demander à celles et ceux qui ont fait un autre choix que le mien quelles sont les raisons qui les ont motivés.

Je reste libre de manifester mon affection à mes proches

en inventant autre chose que les bisous même s'ils me manquent…

Je reste libre de communiquer avec vous par ce message,

et de solliciter vos réactions, vos questions, vos points de vue différents…

Je reste libre d'exprimer mon désaccord, voire de manifester,

et de me protéger des agressifs qui m’insultent...

Ces libertés là sont inexistantes dans les pays de dictature

et celles et ceux qui les franchissent le payent souvent de leur vie.


Dans toutes ces contraintes pas toujours agréables à accepter,

je reste libre intérieurement,

libre de m'adapter extérieurement sans me sentir soumis.

Ma liberté essentielle ne dépend pas des conditions extérieures.

Accepter des contraintes pour se protéger,

ça n'a rien à voir pour moi avec m'interdire de vivre...

Ca m'invite même à être créatif en inventant d'autres modes de vie que d'habitude...


MA LIBERTÉ INTÉRIEURE


J'ai découvert ma liberté intérieure un jour où j'avais tout perdu :

mon aura de jadis que certains de mes auditeurs et lecteurs ont connu,

mon travail dont je venais d'être licencié,

ma maison que je ne pouvais plus rembourser,

la tension puis la séparation avec la femme que j'avais cru aimer...


J’aurais pu me révolter

contre l’Institution qui m’a rejeté après m’avoir adoré,

crier à la méchanceté quand des bien-pensants

sont venus crever les 4 pneus de ma voiture,

dénoncer un employeur qui m’a licencié

en jugeant aberrantes les propositions d’intervention que je lui proposais

et qui, depuis 20 ans, me permettent de gagner ma vie

et de favoriser le bien être soi et le bien-être relationnel.


J’aurais pu dénoncer cet homme riche

me demandant de rembourser prématurément un prêt personnel,

parce qu’il ne voulait pas toucher à ses importantes économies pour payer ses impôts…

J’ai donc dû vendre ma maison pour lui rembourser son prêt.

J’aurais pu me révolter, manifester, accuser, être dans l’aigreur…

J’ai certes nommé les injustices… Je les ai dénoncées parfois avec vigueur


Dépouillé de tout, sans maison, sans travail, sans amour,

je me suis retrouvé seul dans le petit F2 qui remplaçait ma maison.

J’étais plutôt accablé et triste, tout en renonçant à accuser.

Contre toute attente, seul devant la fenêtre, j’ai senti monter une émotion :

une chaleur dans mon ventre, montant vers la poitrine,

une respiration profonde, des larmes aux yeux,

et ces mots qui surgissaient de mon dépouillement :

« Je suis un homme libre ! » Comme un air frais, apaisant, régénérant…


Sentiment de liberté imprescriptible qui ne m’a jamais quitté depuis.

Il venait du plus profond, il venait d’un bouleversement de vie

il venait d’un rejet par une Institution et des autorités…

Mais désormais plus personne ne pouvait me l'enlever.

J’avais beaucoup perdu à l’extérieur de moi,

mais j’étais en train de me trouver moi-même !

« Je suis un homme libre »

je peux enfin être moi-même,

dans le respect des contraintes sociales de toutes sortes,

même si certaines peuvent être légitimement interrogées,

mais en apprenant à « faire avec » sans en être d’aucune manière dépendant.


Depuis, pour moi, tout s'est reconstruit... Et grâce à tout ce passage, un chemin s’est ouvert…

Un chemin de liberté que rien ne peut atteindre… Un chemin de bonheur !

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Marc THOMAS 25 août 2021

parole-semee@orange.fr

Lisez d’autres textes sur le Blog de l’auteur : www.parole-semee.com


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