Semeur de Parole
- Marc THOMAS
- 17 juil.
- 4 min de lecture
Dimanche dernier 12 juillet 2026, les catholiques qui vont à l’église ont entendu l’évangile du semeur
(Mt 13, 1-23).

C’est en référence à cette parabole du semeur que j’ai nommé mon émission hebdomadaire « Parole semée, paroles partagées ».
Alors oui, c’est Jésus qui le dit : l’essentiel est bien que lorsque Dieu sème, il sème sur tous les terrains. Si nous croyons parfois que Dieu nous a abandonnés quand nous sommes dans l’épreuve ou la souffrance ou victimes des catastrophes de la vie, c’est que nous n’avons pas encore compris que Dieu aime et sème sa parole de vie dans toutes les situations de nos vies et de la vie du monde.
Mais il ne suffit pas que Dieu sème pour que tout aille mieux ! Relisez bien cet évangile et le commentaire que Jésus en fait lui-même à la fin du texte :
"Le terrain ensemencé au bord du chemin (…) c’est quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre…
Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, (…) c’est celui qui est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution (…) il trébuche aussitôt.
Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui (…) qui laisse le souci du monde et la séduction de la richesse étouffer la Parole, qui ne donne pas de fruit.
Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. "
Il ne suffit pas à Dieu de semer. Dieu n’est pas le magicien qui vient porter du fruit en nous sans notre collaboration. Alors comment faire pour ne pas être bord du chemin, sol pierreux, terrain de ronces ? Comment faire pour être bonne terre ?
Certains se contentent de prier Dieu et de lui demander de résoudre leurs problèmes ! Comme si on demandait à un semeur de faire pousser ses graines sans avoir au préalable labouré son champ et préparé sa terre, sans arroser ni désherber. Comme si la graine devait pousser toute seule par miracle ! Alors comment prendre les moyens de préparer le terrain et créer les conditions pour que la graine semée porte du fruit ?
Quand vous allez à la messe, ne lisez pas le texte dans votre missel, écoutez le lecteur, car par sa voix, c’est Dieu qui vous parle. Ne vous contentez pas de lire ou d’écouter, mais cherchez dans tout ce qui est lu la phrase qui vous touche et qui vous fait « tilt ».
Si vous vous contentez d’écouter l’homélie du prêtre qui commente le texte, vous risquez de rester sur le bord du chemin parce que vous n’entendez que le commentaire d’un autre. Commencez-donc par relire le texte tranquillement chez vous, demandez-vous ce que vous aimez dans ce texte, ce qui vous interroge, ce à quoi il vous fait penser. Demandez-vous s’il y a une cohérence entre la Parole et vos préoccupations premières : ce que l’évangile appelle « le souci du monde et la séduction de la richesse ». C’est cela que Jésus appelle entendre la parole et la comprendre, c’est-à-dire la prendre en vous et la laisser résonner.
Si une phrase ou une pensée vous touche, écrivez là sur un papier, affichez-là au-dessus de votre lit ou de votre bureau, ou sur le frigo, pour penser à la « ruminer » en vous toute la semaine et à laisser la graine pousser et fructifier.
J’ai appelé mon émission non seulement « parole semée », mais aussi « paroles partagées ». Retrouvez-vous de temps en temps en petit groupe pour un partage d’Evangile. Ne demandez pas au prêtre ou au diacre de vous dire ce que vous devez penser, mais écoutez ensemble la parole, prenez un temps de silence où chacun laisse résonner en lui ce qu’il a entendu, puis faites un tour de table où chacun va dire ce qui l’a touché ou interrogé, et comment ça lui donne envie de le mettre en pratique dans sa vie quotidienne. Vous découvrirez que chacun comprend à sa manière, avec ce qu’il est, et que les avis des autres viennent enrichir le vôtre et vous apporter des lumières aux différentes nuances.
Vous pouvez aussi vous retrouver à plusieurs en groupe de paroles, pour partager dans la confiance et la confidentialité les joies et les soucis de votre vie quotidienne ou ce que vous inspire les événements du monde. Il s’agit de s’écouter, de partager les postures de chacun sans chercher qui a raison ou tort, sans chercher à donner à l’autre les solutions qui me conviennent à moi. Et vous pouvez aussi partir de ces événements de vos vies et de la vie du monde pour vous demander ensemble quel texte de l’Evangile, quelle parole de Jésus ou de ses apôtres, quelle phrase de l’homélie du dimanche précédent peuvent apporter une lumière nouvelle sur ces événements.
Il est possible aussi de partager sur les réseaux sociaux tel ou tel commentaire que nous avons trouvé éclairant et libérateur. En mettant en priorité les commentaires qui nous renvoient à nos vies quotidiennes, et non ceux qui nous emmènent dans un ciel inaccessible, dans une religion désincarnée ou dans des jugements sur les non-croyants.
Voila quelques moyens très concrets qui nous permettent d’ameublir nos terres intérieures pour qu’elles puissent accueillir et faire germer la parole semence de Dieu ou de nos frères.

Comme un souffle fragile
Gaëtan De Courrèges – Pierre Jacob

Isaïe 55, 10-13
La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger.
Ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission.
Oui, dans la joie vous partirez, vous serez conduits dans la paix. Montagnes et collines, à votre passage, éclateront en cris de joie, et tous les arbres de la campagne applaudiront.
Au lieu de broussailles poussera le cyprès, au lieu de l’ortie poussera le myrte. Le nom du Seigneur en sera grandi : ce signe éternel sera impérissable.


Marc THOMAS




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