Faut-il lâcher prise ?
- Marc THOMAS
- il y a 11 minutes
- 4 min de lecture
J’accompagne des personnes qui me demandent souvent comment faire pour lâcher prise… Je dédicace cette émission à ces personnes, et à moi aussi confronté parfois à la même question…

LÂCHER PRISE
Je dois lâcher prise ! Il faut que j'arrive à lâcher prise ! Oui, mais je ne sais pas comment faire. Ou bien : j'ai déjà tout essayé mais je n’y arrive pas. Je devrais y arriver pourtant. Et puisque je n’y arrive pas, c'est que je suis nul.
Nous passons parfois notre vie à reproduire toujours la même stratégie. En voulant absolument réussir, quelque chose que nous ratons à chaque fois que nous essayons. Alors au lieu de nous obstiner à reproduire sans cesse des stratégies qui ne marchent pas, si nous cherchions d’autres stratégies ? C'est facile à dire, mais quelles autres stratégies ?
Commençons par nous demander : pourquoi je veux lâcher prise ?
Qu'est-ce que je veux lâcher ? Mon stress, mon inquiétude, mon insécurité, mon sentiment d'abandon…. Et nous pouvons continuer la liste !
C'est ça que je veux lâcher ? Alors deuxième question : pour quelles raisons je veux le lâcher ? Pour me libérer. Pour aller mieux. Pour pouvoir vivre enfin. Pour cesser d’être toujours épuisé, démoralisé. Pour pouvoir me réconcilier avec telle personne…
OK, alors si nous disions ça positivement, comment le dirions-nous ? Qu'est-ce qui me rendrait libre ? De quoi j’ai besoin pour être libre, pour aller bien, pour être moins épuisé ?
J’ai besoin de parler, j’ai besoin de repos, j’ai besoin d'amitié, j’ai besoin de faire stop. J’ai besoin d'aller voir des amis. Et chacun peut continuer la liste évidemment !
Comment je peux m’y prendre pour satisfaire mes désirs et mes besoins ? Comment me mettre à l'écoute de ce à quoi je veux arriver, de ce que je désire, de ce que j’espère ? Comment me mettre à l'écoute et discerner quels pas je peux faire ? Pour y arriver et trouver des solutions ou des moyens, commençons par des petits pas, sans vouloir y arriver du premier coup. Des petits pas qui nous permettent d'avancer vers la satisfaction nos désirs ou de nos besoins.
Et si nous faisons cela, nous allons nous rendre compte que nous n’avons plus besoin de lâcher prise ! Parce que la prise a déjà lâché. Plutôt que de me battre contre moi-même, je suis en train de m'investir pour moi-même, pour réaliser mon désir, pour satisfaire mon besoin. Et du coup, ça lâche tout seul.
QUAND ÇA LÂCHE TOUT SEUL
Pour montrer combien tout cela n’est pas de la théorie mais que c’est accessible à tous, je souhaite raconter un exemple personnel. En mai dernier, je suis rentré d’un séjour de vacances dans l’Hexagone. Pour la première fois, je rentrais à la Réunion, non pas pour le travail, mais pour profiter de ma retraite que je venais de fêter avec ma famille de cœur.
De retour chez moi à la Réunion, j'ai une sensation de vide. Avant de partir dans l’Hexagone, ayant achevé tous mes contrats professionnels, j’avais passé six mois à écrire un livre qui me tenait à cœur. En vacances, je venais de vivre des moments intenses et chaleureux de retrouvailles avec mes proches. Et je me retrouvais seul chez moi, en retraite, sans activités professionnelles, sans livre à écrire, avec beaucoup moins de relations chaleureuses. J’ai ressenti un grand vide intérieur qui m’a rappelé mes vertiges. Et j’ai passé 15 jours environ avec des sensations de dépression, de tristesse, de manque d’envie et de motivation.
Un matin, j’ai voulu changer ma photo de couverture de Facebook. J’y ai mis une photo de la douceur et de la sérénité que j’avais prise quelques mois avant à l’Etang Saint Paul. Cette douceur et cette sérénité contrastaient avec mon mal-être et ma tristesse. Mais comme je l’expliquais ci-dessus, elles me révélaient quels étaient mes besoins.
Aussitôt mise sur Facebook, j’ai enfin retrouvé l’envie qui me manquait depuis mon retour à la Réunion. C’était l’envie toute simple de partir à L’Etang St Paul pour me plonger dans cette douceur et cette sérénité dont j’avais bien besoin.
En descendant les lacets de la route de Ravine à Malheur, il m’est venu tout-à-coup : « maintenant retraité, je suis en vacances chez moi », et aussitôt une sensation de bien-être. Le poids du vide (curieuse expression !) et la tristesse avaient lâché spontanément et sans effort. Cette sensation de bien-être s’est confirmée pendant ma ballade à L’Etang St Paul et toute la journée, et depuis je me sens bien, le vide a disparu et j’ai l’impression d’avoir trouvé une nouvelle posture dans ma vie quotidienne de retraité : je prends soin de moi, j’ai du temps pour faire ce que j’aime, y compris être disponible aux personnes qui me sollicitent.
Heureusement que je ne me suis pas épuisé à lutter contre mon vide et ma tristesse. Heureusement que je les ai nommés et que je les ai laissés passer. Heureusement que j’ai écouté mes besoins de douceur et de sérénité. Alors le mal-être a lâché tout seul et a transformé mon regard et ma posture par rapport à ma nouvelle étape de vie…

Guérir
par Florent PAGNY
Guérir... d'un amour que l'on sait mort,
D'un corps coulé dans son corps
Guérir, se perdre en délits moches et sales,
Pour juste un peu de réconfort
Guérir, ça fait mal
Guérir... de ces bras secs qu'on élague,
De ce prénom comme un tag
Guérir, se foutre des gens qui vous en veulent,
D'être plus vide qu'un terrain vague
Guérir... se fait seul,Se fait seul
Guérir, les yeux rivés sur sa plaie,
Des remords qu'on se refait
Guérir, et regarder le venin doucement,
S'inoculer à jamais
Guérir... prend du temps
Guérir... pour s'éviter le pire, guérir...
De vouloir toujours guérir
Guérir, et admettre qu'on n'a pas d'autres choix
De cette attente triste à en rire,
Guérir... existe en toi, existe en toi
Écouter ce chant : https://www.youtube.com/watch?v=K-r3-j6bb_0


Marc THOMAS




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