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Un monde tourmenté

Sentiment d'insécurité

1ère partie


Nous vivons dans un monde inquiétant et parfois angoissant, marqué de violences et d’incertitudes sur l’avenir. Comment ne pas se laisser envahir par l’insécurité ambiante qui vient réveiller nos propres fragilités ?


Trois émissions pour y répondre : 1. Un monde tourmenté – 2. Des relations déstabilisantes – 3. Des fragilités personnelles



Des guerres parfois à nos portes. Un contexte géopolitique incertain. Le spectre de pénurie de pétrole. Les difficultés économiques de pays endettés, d’entreprises en difficulté, de fin de mois difficiles dans nos familles… Qu’allons-nous devenir ?


Les cyclones et leurs conséquences désastreuses sur nos maisons et nos cultures. L’eau qui se fait rare. Le climat qui change. Les tremblements de terre et les tsunamis. Et toutes ces catastrophes imprévisibles… Où pourrions-nous être en sécurité ?


Une société d’exclusions et de violence. Le racisme. Le chacun pour soi. Le chômage. La maladie. Les accidents de la route… Comment vivre sans la peur au ventre ?


Nous avons parfois l’impression d’avoir perdu la paix et la sécurité des années passées. Et pourtant le sentiment d’insécurité est présent à toute l’histoire de l’humanité. Les dégâts de l’alcool et de la violence intra-familiale dans nos familles ne datent pas d’hier. Mes parents ont connu l’angoisse de la séparation : ils se sont mariés en 1938 quelques mois avant le déclenchement de la guerre et ont été séparés sans nouvelles l’un de l’autre quand mon père soldat a été fait prisonnier de guerre en Allemagne pendant 5 ans. Toutes les époques ont été marquées par des catastrophes naturelles. Le temps de l’esclavage et de la colonisation n’est pas si loin. La plupart des pays du monde ne bénéficient pas comme nous français d’une Sécurité Sociale protectrice.


Et si dans cette période tourmentée, nous cherchions ce qui peut nous rassurer : une famille aimante. Des parents qui font tout ce qui est possible pour le bien de leurs enfants. Des voisins attentifs et prêts à nous dépanner. Des amis sincères et fiables. Des solidarités qui soutiennent et aident à sortir des difficultés. Des réussites personnelles et professionnelles réjouissantes. Des progrès scientifiques importants pour notre santé, pour notre bien-être et notre confort. Des maisons souvent plus solides et protectrices que nos cases en tôle de jadis. Des moyens de se déplacer, de parcourir le monde, de prendre des loisirs que ne connaissaient pas ceux qui n’ont pas eu droit aux congés payés.

 

Les médias et réseaux sociaux nous abreuvent en boucle de tous les drames, de la violence, de l’insensé et alimentent de façon démesurée notre sentiment d’insécurité. Mais ces mêmes médias ne parlent pas autant des milliers de personnes qui s’aiment, qui protègent leurs voisins, qui se décarcassent pour une vie plus juste et plus fraternelle, des chercheurs qui améliorent nos vie, des associations qui accompagnent les personnes en difficulté, des progrès de la médecine et du dévouement des soignants.

 

Quand vient en nous ce sentiment d’insécurité, il nous reste encore le choix de l’alimenter jusqu’à ce qu’il nous submerge ou de nous en protéger en nous rappelant qu’il y a toujours un soleil au-dessus des nuages.

 

Nous alimentons et augmentons notre sentiment d’insécurité quand nous le nourrissons par des médias qui amplifient nos motifs de crainte. Nous nous laissons parfois entraîner dans les lamentations, dans l’aigreur, dans la dénonciation. Nous entrons dans la danse macabre de celles et ceux qui disent que tout fout le camp, que le monde n’est plus ce qu’il était, que tout ça c’est la faute des autres. Nous nous laissons contaminer par des récriminations toxiques qui finissent par nous recroqueviller et nous enfermer dans une atmosphère délétère que nous rendons nous-mêmes irrespirable.

 

Une autre attitude est possible. Elle n’ignore pas les difficultés, les drames et les violences. Mais au lieu de se contenter de les dénoncer et d’en rendre les autres responsables, elle puise dans ces drames et dans ces épreuves l’énergie de réagir : il s’agit d’un réflexe de survie qui nous habite tous. Il s’agit aussi de se serrer les coudes pour en sortir ensemble, de chercher des stratégies pour donner du sens à la vie au cœur même des difficultés. Mon père prisonnier en Allemagne m’a toujours raconté que leurs conditions de vie étaient invivables, mais que c’est la solidarité avec les copains de captivité qui les a sauvés. Les associations qui cherchent à défendre les femmes et les enfants maltraités, et tous les rejetés de la société savent elles aussi la force du « non » à la violence et de l’entraide pour sortir du trou.

 

Alors toi tu choisis quoi : la récrimination auto-intoxicante ? ou l’énergie de vivre solidaires dans l’adversité ?

 

La semaine prochaine, nous envisagerons le sentiment d’insécurité généré par des relations difficiles.

Et la semaine suivante, le sentiment d’insécurité qui s’enracine dans ma propre fragilité.




 

 




Marc THOMAS


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