Hommage aux Réunionnais
- Marc THOMAS
- 17 avr.
- 5 min de lecture
En ce 19 avril 2026, cela fait 20 ans que j’ai posé le pied à la Réunion pour la première fois. Et je souhaite fêter cet anniversaire en exprimant ma reconnaissance aux Réunionnais et à cette île intense où je vis depuis 20 ans l’une des plus belle période de ma vie.
Je dédie donc cette émission en hommage à la Réunion et à ses populations diversifiées et métissées.

Mon départ à la Réunion est dû à une colère ! En effet, un dimanche du mois d’août 2005, je veux aller me promener en forêt. Mais l’orage éclate, il est impossible de sortir. Colère car c’est le seul jour où je peux me livrer à ma détente favorite de marcher dans la forêt. De rage je vais sur mon ordinateur et en surfant sur Internet, je tombe sur un site de formation professionnelle proposant un appel d’offres de formation intitulé : « Transformer l’anxiété du soignant en un potentiel d’action ». Projet ambitieux et je me demande qui a pu proposer un tel thème de travail. Je découvre que cette demande de formation concerne des personnels hospitaliers de l’île de la Réunion.
Je prends mon atlas, je cherche où se trouve la Réunion, et je suis étonné de ne pas la trouver près de la Guadeloupe et de la Martinique… en bon zoreil ignorant, même si je ne connais pas encore ne nom de zoreil. Et je finis par la trouver au large de Madagascar.
Je commence donc à travailler ma réponse à cet appel d’offre. Aussitôt ma colère d’origine disparaît. Quatre mois après, un appel téléphonique m’annonce que ma proposition est retenue et me demande à quelle date je peux venir à la Réunion pour trois jours de formation. Aujourd’hui je me dis : « Heureuse colère ! »
Je découvrirai quelques années plus tard que c’était une opportunité qui ne s’était jamais présentée : des raisons de déontologie professionnelle avaient amené l’organisme de formation à trouver d’urgence un remplaçant au formateur prévu. Conjugaison d’une heureuse colère et d’une opportunité improbable. Est-ce vraiment du hasard ?
Je pose le pied pour la première fois à la Réunion le 19 avril 2006. J’y suis rappelé une deuxième fois mi-décembre et le responsable m’annonce la fin de cette thématique « sauf si l’un des hôpitaux vous appelle ». Et tous les ans jusqu’au Covid, le Centre Hospitalier de Saint Pierre de la Réunion me sollicite deux fois par an pour des formations sur ce même thème. Heureuse colère, opportunité improbable, répétition dans la durée. Ça ne peut plus être du hasard. C’est une nouvelle étape de ma mission de vie qui m’est offerte.
Je rencontre rapidement d’autres partenaires professionnels : toujours les CHU de St Pierre et Saint Denis jusqu’au COVID, des éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, des professionnels du soin à domicile, et aussi la formation et l’accompagnement de laïcs et de prêtres de l’Eglise catholique, au temps de l’ancien évêque Gilbert Aubry. Sans oublier les personnes qui me demandent régulièrement de les écouter et de les accompagner dans des passages difficiles de leur vie.
Me sentant tellement bien à la Réunion, j’ai vite choisi d’y vivre par alternance : de 2007 à 2012, je viens à la Réunion deux fois par an pour des séjours de trois semaines. Puis de juillet 2012 à août 2014 j’alterne trois mois en Lorraine, trois mois à la Réunion… Le temps de décider lentement de venir m’y installer en permanence en septembre 2014. Ma maison de Lorraine où je pensais finir mes jours est vendue en janvier 2015. Depuis 2023, elle est enserrée de tout un lotissement construit dans les champs… J’aurais eu du mal de voir la maison de mes rêves à la campagne devenir un pavillon au milieu d’un lotissement. Aujourd’hui, je me sens si bien dans mon appartement de La Possession, sur la route de La Montagne, surplombant l’Océan Indien. J’habite Ravine à Malheur, quel bonheur !

Depuis vingt ans, j’ai eu le temps de découvrir la Réunion, ses habitants, ses paysages, son climat : rien à voir avec ma Lorraine d’origine, et pourtant je m’y sens chez moi. Peut-être parce que j’ai toujours aimé les pays chauds depuis mes deux ans de coopération en République Centrafricaine. Mais je n’apprécie pas seulement la chaleur du soleil. J’aime la chaleur d’une population accueillante. J’aime ces populations métissées, modèle réputé d’un vivre ensemble pacifique dans la diversité des origines ethniques et religieuses.
J’ai appris ici à rester un « zoreil » parmi les créoles avec leur histoire. J’ai aimé me comporter ici de manière simple et fraternelle, sans chercher à faire la leçon à qui que ce soit. J’ai apprécié d’être reconnu et accueilli de façon chaleureuse. Un ami originaire de métropole et vivant depuis des années à la Réunion m’a prévenu quand je suis arrivé à la Réunion, me disant : « les créoles sont chaleureux, mais tu ne seras jamais invité chez eux pour un café ou pour un repas. » Mon cher Jean-Marie, je suis désolé de te contredire… La plupart de celles et ceux qui m’accueillent chez eux ou que j’accueille chez moi sont créoles. Certains me reconnaissent même maintenant comme un membre de leur famille !
Dernière étape de ma vie professionnelle. Nouvelle étape de ma vie de retraité actif depuis le 1er janvier 2026. Etape si imprévue, si belle… Cette étape est un point d’orgue de ma vie et des diverses étapes de ma mission de vie. Quand j’ai présenté les diverses périodes de ma vie à Mgr Gilbet Aubry en 2007, il m’a répondu : « La Réunion est faite pour réunir. »
Ca s’est révélé si vrai Gilbert, merci à toi ! Merci la Réunion, Mercis amis créoles.
Gratitude infinie pour ce point d’orgue de ma vie et de ma mission de vie.

En hommage à la Réunion et à vous, chers amis réunionnais, qui m’avez fait devenir l’un des vôtres depuis 20 ans, je souhaite vous exprimer ma reconnaissance pour votre accueil et votre chaleureuse amitié. Je vous offre et vous dédie le texte suivant publié le 25 février dernier sur Facebook. Il est écrit par Aline OPREA, formatrice, coach et thérapeute à St Denis de la Réunion. Ces mots sont si justes pour dire ce que je ressens en fêtant ces vingt ans de présence parmi vous
La chose invisible qui rend les Réunionnais différents du reste du monde
On parle souvent de l’île de La Réunion pour ses paysages spectaculaires, pour ses montagnes qui semblent toucher le ciel, pour ses cascades qui donnent l’impression que la terre respire, ou pour son climat qui paraît caresser la peau toute l’année, mais la vérité profonde, celle que seuls ceux qui ont vraiment rencontré des Réunionnais peuvent comprendre, c’est qu’il existe quelque chose d’invisible, quelque chose d’impossible à photographier, quelque chose qu’aucun guide touristique ne pourra jamais décrire, et pourtant c’est la première chose que l’on ressent lorsqu’on se retrouve face à eux.
Ce n’est pas une apparence, ce n’est pas une attitude apprise, ce n’est pas une technique sociale que l’on pourrait imiter, c’est une présence humaine rare, presque magnétique, cette manière d’être là avec toi entièrement, sincèrement, intensément, comme si pendant quelques minutes tu comptais réellement, comme si le monde autour pouvait attendre, comme si la conversation n’était pas un échange banal mais un vrai moment de vie partagé.
Peut-être que cela vient de l’île elle-même, de sa nature brute qui rappelle chaque jour l’essentiel, peut-être que cela vient du mélange des cultures qui a appris aux cœurs à s’ouvrir naturellement, ou peut-être que cela vient d’une mémoire collective silencieuse qui a transmis de génération en génération cette manière d’être humain profondément, simplement, naturellement.
Et puis on finit par comprendre, sans que personne n’ait besoin de le dire, que cette qualité invisible que l’on reconnaît instantanément chez quelqu’un de La Réunion, ce n’est ni un accent, ni une habitude, ni une façon de parler, mais une chaleur humaine authentique qui ne se force pas, qui ne se joue pas, et qui fait que même une rencontre de quelques minutes peut laisser l’impression d’avoir retrouvé quelqu’un qu’on connaissait déjà depuis longtemps.
Alina OPREA
Sur la page Facebook : https://www.facebook.com/alina.oprea.56027


Marc THOMAS




MERCI MARC, pour cet hommage à la Réunion et à ses habitants. 🙏
MERCI à ton heureuse colère. 🙏
MERCI de nous découvrir. 🙏
MERCI de nous accueillir. 🙏
MERCI de ton écoute bienveillante.🙏
MERCI pour ta présence parmis nous.🙏
MERCI 🙏
Nathalie