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2. Je prends sur moi les reproches


Dans la publication précédente, nous parlions de ces poids qui ne nous appartiennent pas et que

nous portons sur nous pour faire plaisir à l’autre, croyant ainsi le soulager. Je vous invite à relire ou écouter :



Je voudrais évoquer aujourd’hui ce qui nous prenons souvent sur nous et qui est si toxique et si blessant : toutes ces paroles que nous prenons parfois de plein fouet et qui nous font si mal. Je pense à ces remarques désobligeantes, ces reproches, ces jugements, ces insultes parfois que d’autres nous jettent à la figure.



Si ça nous fait si mal, c’est que nous laissons pénétrer en nous ces paroles et ces intentions blessantes de l’autre. Nous les prenons sur nous, et même nous les laissons pénétrer en nous. Parfois même nous pensons qu’il a raison. Alors nous culpabilisons, nous avons honte, nous nous dévalorisons à nos propres yeux.


Comment éviter cette descente aux enfers ?

En apprenant à réagir autrement à des paroles violentes.


Devant de telles paroles, nous avons peut-être appris à nous taire, à ne pas réagir extérieurement alors même qu’intérieurement c’est la tempête et le cyclone qui viennent nous dévaster. Nous allons ruminer longuement ces paroles et continuer à nous intoxiquer de ces mots blessants qui laissent en nous des plaies ouvertes parfois pendant de longues années. Comme une blessure qui ne peut pas cicatriser et se réveille à la moindre situation semblable la réactive.


Dans la même situation de paroles blessantes, d’autres vont réagir du tac au tac sur le même ton, et répondre à la violence des mots par la violence des mots, parfois même par la violence des coups, parfois jusqu’au règlement de comptes et à la mort. Jusqu’à ce que le plus fort l’emporte. Il ne s’agit pas alors d’une victoire, mais d’une déflagration de toute relation dans l’entourage des protagonistes, quand une volonté de vengeance installe durablement la haine à la place de l’amour. On pourrait aussi relire toutes les guerres du monde avec ce prisme-là.

 

Entre le silence qui pourrit la vie et la violence qui la détruit, il y a pourtant une autre posture. Hélas souvent, personne ne nous l’a apprise et c’est à nous de faire le travail.

 

Il s’agit d’abord d’apprendre à rendre à chacun ce qui lui appartient. Et d’abord : ce que je dis, ce que je ressens, ce que je pense, ce que je fais, tout cela m’appartient. De même, ce que l’autre dit, ce qu’il ressent, ce qu’il pense et ce qu’il fait, tout cela lui appartient. Quand il parle de nous, ce n’est pas de nous qu’il parle. Il ne parle que de lui, de ce qu’il voit, de ce qu’il ressent, de ce qu’il ne supporte pas. Il nous le jette à la figure parce qu’il est en colère, et sa colère lui appartient. Il croit traiter sa colère en crachant son venin sur nous. Il croit se soulager lui-même en nous jetant à la figure ce que lui ne supporte pas. Ces mots qui font si mal sont de la même nature que les coups donnés par quelqu’un qui vous frappe : c’est une violence, c’est du viol, c’est un délit. Ça appartient à celui qui les agit, c’est de sa responsabilité.

 

Stopper la descente aux enfers des reproches et des jugements blessants commence toujours par dire non à la violence des mots comme à la violence des coups. En me rappelant que ce que l’autre dit de moi n’est que sa perception, ça parle d’abord de lui, ça lui appartient. S’il entre en moi par effraction, c’est du viol de ma personnalité intérieure. Si je le laisse entrer en moi et si je le garde pour moi, je vole ce qui lui appartient. Quand l’autre cherche à me blesser en parole, j’apprends à me protéger de la même manière qu’un policier se protège avec un casque, un gilet pare-balle et un bouclier. Je me protège en me disant que sa violence est à lui, qu’il a le droit de ne pas supporter, mais qu’il n’a pas le droit de se venger sur moi ni de projeter sur moi ce qui lui fait mal à lui.

 

Vous me direz peut-être que certains reproches peuvent être parfois justifiés parce que nous ne sommes pas parfaits et nous pouvons être maladroits ou même en faute. C’est vrai. Mais cela ne justifie jamais la vengeance ni la violence, ni que l’autre se serve de nos fragilités pour nous attaquer. Par contre, c’est un grand service qui nous est rendu quand une personne empathique et respectueuse vient nous dire : « je ne suis pas d’accord avec toi… Quand tu as dit ça, ou quand tu as fait ça, je n’ai pas supporté, j’ai eu mal, et je ne veux pas laisser passer cela sans t’en parler. Est-ce qu’on peut échanger à ce propos ? »

 

Cette personne empathique et respectueuse ne reste pas dans le silence à ruminer ce qu’elle n’a pas aimé. Elle vient le dire, mais pas n’importe comment : elle ne fait pas de reproches, elle ne parle pas de moi en me jugeant, mais elle parle d’elle en nommant les faits tels qu’elle les a perçus, et en me disant ce que ça lui a fait, ce qu’elle a ressenti.

 

Empathie, respect, sincérité. Devant une telle personne, je peux reconnaître mon éventuelle erreur sans prendre sur moi. Je peux réparer sans me juger. Je peux restaurer la relation sans domination ni violence.











Marc THOMAS

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