• Marc THOMAS

De la mort à la vie





Pendant la semaine sainte,

nous refaisons le chemin de Croix de Jésus et ses 14 stations avant de célébrer Pâques...

Voici un chemin de croix original :

un slam qui évoque les chemins de croix quotidiens de tant d'hommes et de femmes

dans la souffrance, la désespérance, et l'envie d'en finir...


Quelles paroles d'espoir pourraient permettre à ces "crucifiés" d'aujourd'hui

de retrouver l'espoir, de croire en la Vie, de vouloir un avenir ?


Ce chemin de croix de la souffrance des hommes

a été écrit sous forme de slam par Loïc Nottet, jeune chanteur belge

Vous en trouverez le texte ci-dessous. Vous pouvez aussi le voir et l'écouter en vidéo en cliquant ici.


MONSIEUR/MADAME, par Loïc NOTTET

​Bonsoir monsieur, madame, 1 Aujourd'hui, j'te dis tout J'préfère t'parler en "tu" Car je n'aime pas le "vous" J'trouve que ça vieillit Et moi j'veux rester p'tit Un gamin pour la vie Sans mouchoirs, ni cris Alors, vas-y j'te dis tout Sur le drame que j'vis Au quotidien, en enfer Voilà où j'suis J'voudrais m'en aller M'évader loin de tout De ce monde de fous

Et partir je n'sais où Ce monde m'étrangle, m'écrase et me brûle Me détruit, m'empêche de vivre dans ma bulle Alors, j'voudrais partir Loin de tout, juste m'enfuir Laisse-moi courir loin Laissons ce monde à bannir Si Dieu dit que l'suicide est un péché alors Qu'il dise comment je pars,

sans lui faire de tort Qu'il me transforme en c'que

les médecins appellent "fou" Et peut-être qu'ainsi j'y verrai dans le flou Alors, cher Monsieur D Aide-moi, aime-moi

Moi j'n'y arrive pas Dans ce monde que je vois Dans ce monde de luttes Où l'Homme n'est qu'une brute Où l'amour n'est plus rien Que querelles et disputes J'voudrais m'écrire un monde Une planète rien qu'à moi Une planète sur laquelle Je me sentirais moi Un renouveau sans chaînes Dépourvu de haine Une planète sur laquelle Tu me donnerais des ailes

​Un nouvel univers 2 Où les larmes, les peines

Ne seraient qu'un mythe

qu'une putain de légende urbaine Alors, laisse-moi partir Dis-moi comment m'enfuir Assez d'questions posées Laisse-moi, j'veux tout quitter La seule chose que j'aime En ta création : l'Homme C'est qu'il peut rêver chaque nuit,

comme les mômes Qu'on soit vieux, jeune, vilain Gentil, ou encore moche On a le droit d'rêver,

sans même rien dans les poches Mendiant, j'implore le soir Je mendie de l'espoir

Mais la nuit est radine Madame garde sa morphine Parce que j'ai pas payé Ou du moins, pas assez Né d'parents sans fortune Elle me refuse la lune Puisque certes, dans ce monde On peut vivre sans ces nombres Que tes enfants ont transformé

en méchants monstres Chaque mois tu en gagnes Chaque jour tu en perds L'addition est sévère J'rends la note, j'quitte l'enfer C'est vrai, j'm'avoue p'têtre vaincu J'l'avoue, j'l'assume

La vie m'bouffe

avec un sale goût d'amertume Alors, entends-moi hurler Gerber toutes mes tripes Dans ce son qui conte

la vie d'un con pessimiste J'me sens seul, putain ! Personne me tient la main Personne avec qui partager

cette gloire, putain J'marche seul sur un chemin Qui semble sans lendemain J'accélère mais personne

ne m'attend à la fin

​Alors, chaque soir, je bois 3 Je me tronche la gueule Pour oublier qu'au fond Le succès, ça rend seul Peu d'amis, peu de vie J'suis enfermé sous vide

Plein d'ennemis, plus d'sortie Dieu, j'ai besoin d'un guide Certains bouffons diront Que j'abuse, j'exagère Mais j'les emmerde ces cons Car j'suis jeune et j'galère Dans ma tête c'est le bordel Qui a éteint la lumière ? Maman j'n'y vois plus clair J'ai besoin qu'on m'éclaire D'abord c'est le bonheur Quand tu donnes à ton cœur À bouffer un amour Qui calme tes douleurs Tu oublies ton malheur Mais au fond c'n'est qu'un leurre

Dans cette génération d'cons,

remplie de menteurs Une fois le cœur brisé Pas besoin d'l'appeler La solitude débarque Elle vient vite te trouver Elle n'attend pas qu'tu ouvres, nan ! Elle entre sans frapper Tes coups d'blues sont pour elle

un quatre heure à bouffer

​Alors toi, qui es-tu ? 4 Au fond, le sais-tu ? Car moi je n'sais plus qui je suis, j'suis perdu Mon ambition est grande Dure à satisfaire

Mon bonheur a le goût d'une saveur amère Alors, monsieur, madame J'l'avoue, j'suis malheureux Et pourtant je vis de mon rêve de morveux Mais c'est plus fort que moi Il me manque encore ça Ça et ça là-bas Toujours plus, j'suis comme ça ! Alors, j'espère qu'un jour Je pourrai faire l'amour À une personne sincère Qui n'me jouera pas d'tours J'en ai vraiment assez De donner sans retours J'suis saoulé d'm'aimer, moi Sans l'âme-sœur, c'est lourd Mais sachez tout de même Que sur scène, grâce à vous J'ai l'impression d'être loin

de ce monde de fou Car j'écris quand j'me plante Et je ris quand je danse Et je vis quand je chante Et pour tout ça, j'te dis : Merci.


Loïc NOTTET

Loïc Nottet, né le 10 avril 1996 à Charleroi, est un chanteur et compositeur belge. Découvert lors de la troisième saison de l'émission The Voice Belgique en 2014

Mon ami Yohann écrit en présentant ce chant :

L'une des chansons les plus surpuissantes dans ses paroles que j'ai entendu jusqu'à ce jour... !

Il a résumé en 5 minutes les émotions qui m'ont traversé durant ces 2 dernières années...


Ma réaction :

La seule foi en la résurrection qui vaille consiste à rejoindre celle et celui qui souffre,

à s'engager pour restaurer la justice et pour éradiquer la violence,

car c'est seulement ainsi que nous passons de la mort à la vie !


J'ai répondu à Yohann :

Chanson très forte qui dit bien la souffrance de beaucoup...

Peut-être que l'erreur serait d'attendre

que le monde où nous vivons nous rende heureux...

car la source du bonheur est au plus profond de chacun de nous,

dans nos ressources, dans nos talents...


Peut-être que l'erreur est d'attendre

que notre bonheur vienne des autres,

alors que ce bonheur nous appelle sans cesse à travers ces souffrances,

car ces souffrances ne seraient pas là si elles n'exprimaient pas, en creux,

notre capacité à créer notre propre bonheur...


Peut-être que l'erreur serait de croire que partir vers ailleurs peut nous libérer... c

ar souvent celles et ceux qui partent,

emmènent avec eux leurs blessures, leur désespoir, leur tristesse...


Peut-être que le chemin est d'aller chercher en soi

nos ressources et nos espoirs, nos talents et nos énergies

plutôt que d'attendre que le monde et la société nous les apportent...


Peut-être que le chemin est d'aller chercher des amis, des frères, des soeurs,

celles et ceux qui ont les mêmes aspirations que moi d'un monde plus juste et plus fraternel,

et de créer ensemble ce monde autour de nous,

sans attendre que la société nous l'apporte tout cuit...


Peut-être que finalement, l'essentiel est de croire en soi, d'oser être soi,

de trouver les moyens et les frères

pour vivre et construire ensemble les petites choses du quotidien...


Alors laissant pousser et grandir ce qui m'anime et ce qui nous aime,

comme une petite plante pousse, fleurit et porte fruit, parfois même au milieu d'un désert,

alors nous verrons le monde autrement parce nous nous regarderons nous même autrement...


Alors nous pourrons rejoindre les passionnés de la vie, de la justice et de l'amour

envers et contre tout.


Alors, comme le colibri, nous apporterons notre petite part

dans le refus d'un monde qui oppresse et dans l'avènement d'une vraie liberté...


Et si chacune et chacun de nous osait y croire ?


Pour ma part, c'est en traversant toutes ces étapes, ces souffrances, ces quêtes et ces espoirs,

que j'ai trouvé le chemin...


Suzanne, une amie de Yohann, a poursuivi :

Marc Thomas je suis d'accord avec vous

Il faut apprendre a regarder a l'intérieur de soi,

il faut également faire face à ses ombres, les accepter, trouver notre propre lumière

et non la chercher au creux des mains d'autrui.

Car bien que l'on puisse la trouver, s'en approcher, on ne peut pas la garder.

Le mieux est de découvrir sa propre lumière

et pour cela il faut aussi faire taire son mental,

trop longtemps formaté par les codes, les cadres, les normes prédéfinis

et inventés par quelques Hommes pour restreindre le vrai pouvoir qu'est l'amour de soi

pour que l'amour des autres soit fluide et possible.

l faut aussi faire face à ses ombres,

ce n'est jamais agréable mais ça nous permet de grandir,

de s'épanouir de se connaître et d'être connecté

On pourrait en dire davantage,

mais la seule chose est que tout cela prend beaucoup de temps,

le tout est d'en avoir conscience.

Nous aurons tous l'opportunité, espérons-le, de s'ouvrir à nous même.


Et Yohann a commenté :

Merci pour ces mots réconfortants…


Alors vous qui fêtez la mort et la résurrection de Jésus dans les célébrations à l'église,

n'oubliez pas ces morts et ces résurrections vécues au quotidien,

par les humains qui vous entourent et parfois par vous-même !

C'est la, dans ces souffrances et ces morts vécues au quotidien

que se jour la vie, l'espoir, l'avenir, la vraie Pâque !

De la mort à la Vie
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Marc THOMAS

parole-semee@orange.fr



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