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  • Photo du rédacteurMarc THOMAS

Déverrouiller nos peurs



Nous vivons dans un monde difficile, un monde en crise et en guerre, un monde de violence. Nous subissons la baisse du pouvoir d’achat, l’inquiétude sur l’avenir… L’inquiétude et l’insécurité nous guettent en permanence… Et nous vivons souvent dans la méfiance et dans la peur.

Comment changer et se retourner vers la lumière comme le tournesol vers le soleil ? Certains se tournent vers un Dieu, lui demandant de les aider… Leur foi peut leur donner de la motivation, mais Dieu n’arrête pas les guerres ni les violences, et ne fait pas disparaitre la peur…



Alors comment déverrouiller nos peurs et changer nos manières de vivre les situations du quotidien ?


RELATIVISER NOS PEURS


Nous pensons parfois que le monde n’a jamais été aussi dangereux. En sommes-nous sûrs ? Nous sommes certainement plus protégés des cyclones à la Réunion aujourd'hui qu'il y a 50 ans. Les personnes qui vivent en Ukraine, ou dans un pays de tremblement de terre comme récemment en Turquie… les jeunes femmes en Iran qui mettent leur vie en danger pour préserver leur liberté … celles et ceux qui vivent dans un pays totalitaire où ils n’ont pas le droit de s’exprimer librement, ceux et celles qui vivent dans des pays où il n’y pas d’hôpital à

proximité ou de couverture sociale… Tous, ils pourraient rire de certaines de nos peurs ! C’est intéressant parfois de contextualiser nos peurs dans un contexte plus large que notre petit monde à nous.


Peut-être aussi faut-il penser à nous déconnecter des nos médias, qui « font leur beurre » avec tout ce qui va mal, avec la violence et tous les crimes… Beaucoup d’entre eux consacrent beaucoup plus de temps à une petite minorité violente qui choque qu’à l’immense majorité de celles et ceux qui vivent une vie juste, droite, digne, qui se décarcassent pour leurs frères et sœurs, qui se battent pour la justice et la fraternité. Tout ceux-là ne font pas la Une des médias !


Pour déverrouiller nos peurs, peut-être faut-il aussi contrôler l’utilisation faite par les plus jeunes font des réseaux sociaux, tous ceux et celles qui regardent des fims de violence extrêmes sur leurs écrans : ne nous étonnons pas ensuite qu’ils deviennent eux-mêmes violents et reproduisent dans la vie réelle ce qu’ils ont intégré dans leur imaginaire.


PRENDRE SOIN DE NOS PEURS

Nous avons tous des peurs !


Des peurs qui viennent du dehors : peur des phénomènes météorologiques qui s’amplifient, peur de la violence verbale ou physique jusque dans nos familles, peur de perdre notre emploi et de ne pas pouvoir nourrir nos enfants jusqu’à la fin du mois, etc.


Des peurs qui viennent du dedans : la peur de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, peur d’être incapable, peur de déplaire, peur d’être jugé, peur des reproches… la peur de ne pas tenir le coup, peur pour ma santé ou pour la santé de mes proches, etc.


S’APPUYER SUR NOS RESSOURCES


Ces peurs nous envahissent souvent. Pour changer de regard et nous convertir, je vous invite à regarder :que faisons6nous quand nous sommes dans un chemin pierreux et que nous perdons l’équilibre ? Nous agrippons une branche ou nous prenons appui sur des bâtons. Plutôt que de nous laisser envahir par la peur ou de nous laisser envahir par elle, je vous invite à chercher où sont nos ressources où nous pouvons nous agripper pour tenir debout, quels sont les bâtons sur lesquels nous appuyer ?


Certains les recherchent à l’extérieur : ils multiplient les assurances, les verrous, les barrières, les barricades, les chiens méchants… Bien sûr il faut des assurances et des verrous à nos maisons, mais ceux et elles qui ne tablent que là-dessus ne sont généralement pas libérés de leurs peurs. Il se croient parfois en sécurité, mais la peur et la méfiance demeure en eux et les verrouillent.

Je vous invite à aller chercher en nous : cette capacité d’aimer, cette capacité que des parents ont de se dépasser pour leurs enfants… Parfois certains parents disent : « je ne me serais jamais cru capable de cela. » Sauf que leur amour leur a permis d’aller chercher des ressources insoupçonnées. Ces ressources intérieures qui nous permettent de soutenir spontanément des personnes en difficulté, de faire corps quand nos voisins ou quelqu’un de notre entourage vit un drame, d’être solidaires avec des pays en détresse…


Nous avons en nous des ressources. Plutôt que de me dire : « je ne suis pas capable », me dire : « oui je ne suis pas capable de tout, mais de quoi suis-je capable ? qu’est-ce que je sais faire ? qu’est-ce que je peux faire ? de quoi je suis fier ? qu’est-ce qui compte pour moi ? quelles sont les valeurs pour lesquelles je suis prêt à me battre ou à m’investir ? »

Et si vous avez du mal à trouver vos valeurs ou à identifier vos ressources, revenez à vos peurs, et allez chercher ce qui se cache derrière vos peurs : nos peurs cachent toujours quelque chose qui est précieux pour nous. « J’ai peur d’être malade, j’ai peur de mourir » : c’est parce que la vie est précieuse, parce que ma santé est précieuse… « J’ai peur pour mes enfants » parce que j’aime mes enfants, ils sont précieux, j’ai envie de les protéger pour qu’il ne leur arrive pas de mal. « Jai peur de perdre mon emploi », parce c’est précieux de pouvoir financer mes besoins et ceux de ma famille, parce que mon emploi me prouve que je suis capable de construire le monde, parce que mon travail m’apporte de la reconnaissance, et c’est précieux pour moi. Nos peurs cachent toujours quelque chose de précieux. Allez chercher le précieux caché derrière vos peurs et vous saurez quelles sont vos ressources et ce qui a de la valeur à vos yeux.


DE LA MEFIANCE A LA CONFIANCE

Nos peurs nous plongent dans la méfiance. Nous nous méfions face à la violence dans le monde, dans nos quartiers, dans nos familles… Nous nous méfions quand quelqu’un nous a dit une parole méfiante ou nous a fait du mal, ou encore quand arrive une personne inconnue ou différente… Méfiance ! Le risque est alors de tout regarder à travers ma méfiance, de ne regarder que le mal que l’autre pourrait me faire, de ne voir que la menace qui rôde autour de moi… C’est très intoxiquant de passer son temps à se méfier.


Ce n’est pas simple de quitter la méfiance. Je ne vous dis pas d’arrêter de vous méfier, mais de chercher la confiance. Autour de vous, à qui pouvez-vous faire pleinement confiance ? Quelles sont les personnes sur lesquelles vous pouvez vous appuyer ? Quels sont les lieux et les espace où vous vous sentez bien ? Quels sont les moments où vous êtes fiers de vous, où vous avez confiance en vous ? Quelles sont les circonstances qui vous réjouissent ? Cherchez tous ces contextes et toutes ces personnes qui vous donnent de la confiance. En vous branchant sur la confiance reçue et offerte dans ces contextes et avec ces personnes, vous constaterez que la méfiance baissera automatiquement.


SE PROTÉGER


Nous disons souvent, face aux difficultés : « Je prends sur moi », et même parfois nous nous laissons envahir par les soucis, par les misères, et par ce que l’autre nous a fait. Et nous ne pensons plus qu’à çà, le ruminant et le répétant en boucle. Ce n’est pas ce que l’autre nous a fait qui nous fait le plus de mal, c’est que nous avons pris sur nous ce qui appartient à l’autre, nous nous sommes laissés envahir sans protection.

Regardez cette image trouvée par Estelle sur Facebook, et lisez la phrase qui l’accompagne : c


’est cela se protéger : c’est refuser de laisser rentrer en nous ce qui est toxique. Nous ne mangeons que le comestible pour ne pas nous intoxiquer. Quand le cyclone arrive, nous restons dans nos maisons en vérifiant nos fenêtres et nos portes. Quand le froid arrive nous nous courons de pull-over et de manteaux. Quand le soleil tape, nous protégeons notre peau avec une crème solaire et notre tête avec un chapeau.

Il ne s’agit pas de supprimer les éléments extérieurs qui nous font du mal, mais il s’agit d’apprendre à nous en protéger.

Une piste pour savoir nous protéger d’une insulte, d’un jugement ou d’une parole blessante : apprendre à découvrir que cette parole que l’autre dit ne parle que de lui. Par exemple, si quelqu’un me traite d’égoïste, son jugement ne parle pas de moi mais de lui : il signifie que c’est lui qui n’est pas content car il espérait que je lui donnerais quelque chose que je n’étais pas obligé de lui donner. Son jugement sur moi exprime d’abord sa colère, son manque, sa frustration et ne parle que de lui ; Pourquoi le prendrais-je sur moi ?


Pour déverrouiller nos peurs :

Apprendre à se protéger…

Passer de la méfiance à la confiance…

Laisser nos ressources prendre la place des peurs qui nous envahissent.

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Marc THOMAS


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