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  • Photo du rédacteurMarc THOMAS

Je suis heureux de vivre

Dernière mise à jour : 2 juin 2023



Quand les chrétiens fêtent Pâques et parlent de la Résurrection, le plus souvent, ils parlent de la résurrection d’un autre, celle de Jésus Christ il y a 2000 ans, ou bien ils parlent de leur foi en une résurrection future, dans un autre monde bien éloigné de notre vie quotidienne dans ce monde


Et pourtant, Pâques n’a de sens pour les hommes d’aujourd’hui que s’il est possible de ressusciter aujourd’hui, d’oser vivre, de nous ressentir vivant, de trouver au quotidien du vivifiant et du régénérant.


Déjà dans l’Evangile, Jésus indique à ses disciples que la résurrection est pour aujourd’hui : c’est l’histoire de la résurrection de Lazare, dans l’évangile selon St Jean au chapitre 11 :


Jésus demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »

On est bien dans la vie quotidienne.

Même Jésus pleure comme nous

la mort de son ami…

Jésus dit : « Enlevez la pierre. »

On est bien dans la vie quotidienne.

Il y a tant de pierres qui verrouillent

nos espoirs et nos enthousiasmes…


Marthe, la sœur du défunt, dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »

On est bien dans la vie quotidienne.

Il y a tellement d’espaces qui puent, d’aigreurs et de relations toxiques…


On enleva donc la pierre.

Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, sors dehors ! »

On est bien dans la vie quotidienne.

Revenir, c’est toujours sortir de nos enfermements et de tout ce qui emprisonne…


Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »

On est bien dans la vie quotidienne.

Nous restons si souvent attachés, pieds et poings liés.

Et Jésus ne fait pas de miracle, mais nous rappelle nos responsabilités : Déliez-le et laissez-le aller , ne ligotez personne par vos exigences et par vos injonctions, mais laissez chacun aller librement son chemin


Comme dans cette histoire de la résurrection de Lazare, je nous invite tous à ressusciter aujourd’hui, à sortir de ce qui nous enferme ou nous enchaîne…


Aujourd’hui, je sors de mes tombeaux

Je sors du tombeau de mes appétits de pouvoir et de domination, masques de mes fragilités,

pour ressusciter en choisissant le respect, en promouvant l’équité et en trouvant des alliés…


Je sors du tombeau de mes certitudes figées, masques de mes peurs,

pour ressusciter en cherchant du sens

et en prenant en compte la complexité et les paradoxes du monde…


Je sors du tombeau de l’accusation et de la dénonciation, masques de ma passivité,

pour ressusciter en force de proposition, et en construisant la justice et le respect…


Je sors du tombeau de ma posture d’assisté, masque de mes léthargies et de mes inerties,

pour ressusciter en assumant la responsabilité de satisfaire mes besoins et mon bonheur…


Je sors du tombeau de mes magouilles pour parvenir à mes fins, masques de mon narcissisme,

pour ressusciter en choisissant la franchise et la sincérité, en découvrant la fierté…


Je sors du tombeau du « moi je », du « moi d’abord »,

masques de mon manque de confiance en moi,

pour ressusciter en choisissant la solidarité, seule « arme » victorieuse de toutes les crises…


Je sors du tombeau de la violence verbale ou physique, masque de mes colères,

pour ressusciter en apprenant à dire stop sans agressivité,

en protégeant ce qui est sensible en moi et en mes proches …


Je sors du tombeau de mes jugements sur les personnes,

masques de mon insécurité,

pour ressusciter en disant non à ce qui détruit

et en proposant des changements…


Je sors du tombeau de mes ruminations et de mes plaintes,

masques de mes blessures,

pour ressusciter en désinfectant mes plaies et prendre soin de moi…


Je sors du tombeau du « j’ai-raison-t’as-tort », masque de mes incertitudes,

pour ressusciter en m’ouvrant à la diversité et à la complémentarité,

et en regardant l’autre comme ressource…


Je sors du tombeau des combats et des guerres de tranchées,

masques de mes positions verrouillées,

pour ressusciter en entrant en débat, en négociation, en compromis, en dialogue…


Je sors de mes tombeaux… pour le bonheur d’être vivant et vivifiant au milieu des autres


Aujourd’hui, enfin HEUREUX DE VIVRE !

Je prenais tout sur moi pour ne pas déranger l’autre…

je lui rends avec fermeté et douceur la responsabilité de ses actes et de ses paroles,

et je suis re-suscité, libre et allégé, seul responsable de ma vie et de mes choix…


Je me taisais pour ne pas blesser l’autre…

J’ose parler de moi, dire ce que je penses et ce que je ressens, sans juger ni convaincre,

et je suis re-suscité, debout et affirmé, et souvent plus respecté …


J’étais atteint et déstabilisé par les reproches…

je ne me justifie plus, car ce reproche parle seulement de ce qui ne convient pas à l’autre,

et je suis re-suscité, serein, prêt au dialogue et à la recherche d’un accord…



Je me comportais en victime face à la violence…

Je dis non par tous les moyens, je me protège et j’appelle au secours sans délai,

et je suis re-suscité, protégé pour me restaurer dans mon intégrité…


Je me jugeais nul et incapable…

Je m’offre la bienveillance nécessaire pour identifier mes ressources et mes limites,

et je suis re-suscité, plus fort intérieurement et plus confiant en moi…


Je culpabilisais et me trouvais nul face à l’épreuve et à l’échec…

Je prends du recul, je cherche les causes des difficultés rencontrées,

et je suis re-suscité, grandi, ayant appris de mes échecs et conforté pour essayer autrement…



J’étais submergé par l’émotion… Je la refoulais ou la projetais sur les autres…

J’accueille chaque émotion et je l’identifie pour entendre son message

et je suis re-suscité, apaisé, alerté sur mes vrais besoins…


Je perdais mes moyens, je fondais en larmes…

j’identifie le danger que j’ai perçu, je me protège et j’appelle à l’aide si nécessaire,

et je suis re-suscité, soulagé d’avoir pris soin de moi et conforté dans mon assurance intérieure.


Je me sentais souvent écartelé entre deux priorités contraires…

comme la corde tendue entre deux bouts opposés de l’arc,

je prends mon élan et je vais où je le sens, suivant mon intuition,

et je suis re-suscité, ayant fait ma part, sans vouloir être clé universelle ni sauveur du monde…


J’avais honte de mes erreurs et de mes fautes…

je reconnais les faits, je cherche ce qui m’y a conduit, je répare ce qui est de ta responsabilité

et je suis re-suscité, ayant appris de mes erreurs, libre jusqu’à me pardonner à moi-même…


Je me reprochais de ne pas être assez fort…

J’accepte les limites et les faiblesses de l’humain que je suis, sans oublier mes capacités,

et je suis re-suscité, fragile et vulnérable, et donc capable de tendresse et d’empathie…




Quand tu te sens écartelé·e entre deux priorités contraires, sors de cette prison mortifère :

comme la corde tendue entre deux bouts opposés de l’arc, prends ton élan et vas où tu le sens,

et tu ressusciteras en ayant fait ta part, sans vouloir être clé universelle ni sauveur du monde…

Quand tu as commis une vraie faute et que tu as honte, sors de cette prison mortifère :

reconnais les faits, cherche ce qui t’y a conduit, répare ce qui est de ta responsabilité

et tu ressusciteras libre jusqu’à te pardonner à toi-même…

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Marc THOMAS





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