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Quand c'est trop lourd





Dans l’émission en direct du 7 février, une auditrice, que j’appellerai ici Bernadette, me demandait comment faire quand on n’en peut plus à force de tout prendre sur soi. Elle se demandait aussi si tous ces poids trop lourds qu’elle porte sont autant d’épreuves que Dieu lui envoie pour tester sa foi et sa confiance.


Un Carême qui relève… Mais comment se relever quand nous sommes écrasés par des poids trop lourds dans nos vies quotidiennes ?



Bernadette décrivait les problèmes de certains membres de sa famille et elle expliquait qu’elle ne pouvait pas laisser ses proches souffrir dans leur coin. Donc elle passait son temps à répondre à leurs appels, à tout faire pour les soulager, au point qu’elle-même était épuisée et n’en pouvait plus. Elle ajoutait que ses frères et sœurs ne s’investissaient pas beaucoup dans la résolution de ces problèmes, et qu’ils disaient toujours : « Bernadette sait faire, elle va s’en occuper ».


J’entends beaucoup de personnes épuisées, comme Bernadette, à force de porter à bout de bras ceux qui les entourent. D’autres sont écrasés par les soucis, les conflits, la violence, la pauvreté ou la misère parfois. D’autres croulent sous un emploi du temps débordant n’ayant plus d’espace pour se reposer ou respirer. D’autres encore sont mis à terre par la maladie, le burnout, la déprime…


Je voudrais d’abord dire aux chrétiens que ce n’est jamais Dieu qui cherche à les mettre à l’épreuve pour tester leur confiance en lui. Qui a osé leur faire croire cela ? Qui s’est servi de Dieu pour prendre le pouvoir sur des personnes affaiblies en leur faisant croire que Dieu les testait ou les punissait. Qui a transformé Dieu en un être maltraitant ? Ceux là n’ont jamais lu la Bible.




Écoutez Jésus dans l’Evangile (Mt 11, 28-30) :

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. 

 

Que font des parents quand leur enfant souffre ? Se réjouissent-ils de voir jusqu’où leur enfant va supporter ?  Ça serait de la perversion. Ils prennent plutôt leur enfant dans leurs bras, le protègent et prennent soin de lui avec douceur. Comme le Père de l’Enfant prodigue. Ainsi Dieu avec chacun de nous. « Des profondeurs je crie vers toi Seigneur ! » Les Psaumes de la Bible sont plein d’appel à l’amour de Dieu au cœur de nos détresses.

 

Mais alors comment se relever quand on croule sous les poids de la vie ? Mon amie Corinne me dit qu’elle n’en peut plus tellement elle a de charges professionnelles et familiales. Elle a d’ailleurs un visage très fatigué. Je lui demande si elle peut faire le tri dans ses activités, comme on fait le tri dans son sac à dos ou sa valise pour qu’ils ne soient pas trop lourds. Mais le cercle vicieux de la fatigue lui fait dire : « oui je sais, mais je ne peux rien lâcher ».

 

J’entends si souvent des personnes qui disent comme Corinne et Bernadette : « Je prends sur moi » et je n’en peux plus. Il est urgent de nous interroger chaque fois que nous disons « prendre sur nous » ce qui ne nous appartient pas. Pour pouvoir se relever, il faut commencer par accepter de déposer. Sinon, la maladie ou l’accident risquent de nous forcer à l’arrêt…

 

Bernadette se retrouve seule à porter les poids familiaux. Je lui demande avec qui elle peut en parler. Elle me répond : « J’ai déjà essayé d’en parler à mes frères et sœurs, mais personnes ne m’entend ». Je lui demande si d’autres amis sont à son écoute. « Personne, je n’ose pas en parler ». Je lui dis que je reçois des personnes et que j’écoute leurs questions, leurs difficultés, leurs détresses parfois. Et que ces personnes disent que ça leur fait du bien : rien que le fait de parler les soulage car enfin quelqu’un les écoute et les accueille, et elles se sentent soutenues. Ensuite, en parlant, on trouve des solutions pour mieux prendre soin de soi dans la vie quotidienne.

 

Quand je dis cela à Bernadette, le ton de sa voix change. Un ton plus léger et plus dynamique. Elle découvre que parler comme elle est en train de le faire lui fait du bien. Déjà dans sa voix, il y a une nouvelle dynamique. Parler, se confier à une personne accueillante permet de déposer ce qui est trop lourd, de faire le tri dans ce que nous portons parfois sans que ça soit nécessaire, de trouver des solutions qui permettent d’apprendre à porter les charges qui nous reviennent, comme des déménageurs apprennent à porter des charges lourdes sans se faire mal.

 

Nous savons que la solitude alourdit encore plus les poids que nous portons. Seul l’appel à la solidarité et l’acceptation de se laisser soutenir permettent de se relever : J’avais faim… j’avais soif… j’étais nu… Malade… en prison… Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. (Mt 25).

 

Un Carême pour déposer, pour se relever, et pour soutenir et tendre la main…






Marc THOMAS


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