Des relations déstabilisantes
- Marc THOMAS
- 26 juin
- 3 min de lecture
Sentiment d'insécurité
2ème partie
Je continue aujourd’hui la trilogie sur ce qui alimente notre sentiment d’insécurité. Après le premier volet sur le monde tourmenté, voici le 2ème sur les relations déstabilisantes dans notre vie quotidienne. Et le 3ème volet évoquera nos propres fragilités intérieures.

Tensions familiales… Querelles de voisinage… Pressions et conflits professionnels… Vie sociale marquée de « chacun pour soi », de méfiance et d’intolérance… Démocratie en danger quand des politiques passent plus de temps à dénoncer qu’à proposer… Guerres en Ukraine, en Iran, au Liban, génératrices d’un climat anxiogène… Nous sommes si souvent déstabilisés et parfois écrasés quand nous vivons ces situations anxiogènes…
Relations toxiques, incompréhensions, désaccords, jugements, reproches, ladi-lafé, insultes, moqueries, dérision, dénigrement, autoritarisme, domination, j’m’enfoutisme… Nous sommes si souvent démunis et blessés devant ces perversions de la relation…
Dans un tel monde relationnel toxique, est-il possible de rester sereins et confiants ? Comment ne pas être envahis par un sentiment d’insécurité ? Je vous propose quelques pistes pour tenir debout dans la tempête.
Quand le cyclone est annoncé, chacun se protège : en reconstituant les réserves d’eau et d’alimentation et en vérifiant les protections de sa maison. Et quand le cyclone est là, chacun se calfeutre dans sa maison.
Comment se fait-il que j’entende si souvent des personnes confrontées à des relations cycloniques dire : « je prends sur moi », « il est comme ça », « je ne peux rien y changer ». Cette posture est parfois marquée de bonnes intentions, cherchant à excuser une personne devenue toxique et violente suite à des drames qu’elle a traversés. Mais quand on affronte un cyclone, on protège sa maison telle qu’elle est, et ce n’est pas le moment d’aller chercher les causes de ses malfaçons.
Face à des relations toxiques et violentes, la première attitude salvatrice est d’abord de se protéger, de se mettre à distance comme on se calfeutre dans sa maison sous la tempête.
Face à l’insulte et à la violence, une seule solution : je me retire, sinon je vais subir et me faire écraser, ou je vais répondre et alimenter le cercle vicieux de la violence.
La deuxième attitude est d’appeler au secours comme on appelle les pompiers en cas d’incendie. Quand les relations en couple ou en famille deviennent irrespirables, plutôt que de subir ou de vouloir faire comprendre à l’autre, je vais d’abord parler à une personne de confiance… je vais demander conseil à une association de protection… je vais porter plainte pour pouvoir être protégé.
Chercher ce qui peut détendre les tensions et dénouer les conflits. Il ne s’agit pas de mettre la poussière sous le tapis en disant « ce n’est pas grave ». Car toute tension non traitée finit par une rupture ou une violence. Et faire comme si tout allait bien ne fait qu’amplifier le mal-être relationnel.
Au contraire, il s’agit de faire comme ces personnes patientes mais tenaces qui cherchent à dénouer les nœuds dans une pelote de laine ou de ficelle. Il s’agit d’abord de croire qu’une tension ou un conflit peut être dénoué. Dans ce domaine des relations, croire, c’est accepter que nous sommes différents dans nos perceptions, nos besoins, nos intérêts. Croire, c’est accepter que nous ne savons pas ce qui est bon pour l’autre tant que nous ne l’avons pas laissé s’exprimer.
Pour croire ainsi, il faut en prendre les moyens : que de conflits tournent au vinaigre parce qu’on ne s’écoute pas, parce qu’on ne se parle pas, parce qu’on veut seulement convaincre l’autre qu’il se trompe et que j’ai raison, parce qu’on n’accepte pas de ne pas avoir les mêmes points de vue, les mêmes opinions, les mêmes intérêts.
Dénouer les tensions et les conflits, c’est prendre les moyens d’un vrai dialogue où je renonce à parler de l’autre en le dénonçant, mais j’accepte de parler de moi, de ma perception des choses, de mes besoins, de mes demandes… Et bien sûr j’accepte d’écouter l’autre quand il me parle de sa perception des choses sans l’interrompre au premier désaccord. Ce faisant, nous pourrons nommer ensemble ce qui nous relie et ce qui nous divise, et négocier un accord où chacun y met du sien pour assainir la relation. Pour arriver à ce résultat, il faut parfois faire appel à un tiers qui aide chacun à s’exprimer dans la vérité de soi et dans le respect de l’autre différent.
La semaine prochaine, nous envisagerons le sentiment d’insécurité qui s’enracine dans notre propre fragilité et nous chercherons comme pouvoir être pleinement soi-même au milieu des autres.


Écouter le chant : https://www.youtube.com/watch?v=EwqES6SMTAI


Marc THOMAS




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