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Voter…

 

73,63% des réunionnais se sont abstenus aux élections européennes du 9 juin dernier. Je n’ai pas les compétences pour interpréter ce taux record, mais il m’interroge. Car quand on ne croit plus au politique, on laisse des forces obscures définir notre destin

 

Abstention parce que déçus, dans un sentiment d’impuissance : quels que soient les votes précédents, on a l’impression que rien ne change, que c’est toujours aussi difficile, que c’est toujours les mêmes qui gagnent et qui perdent, et que le peuple n’est pas entendu.

 

Abstention parce qu’en colère de voir les magouilles, les malhonnêtetés, les tensions et les ralliements dans le seul but d’obtenir un poste et non de servir le bien commun…

 

Oui souvent, les déceptions et les colères sont légitimes. Mais notre détournement de la politique et nos abstentions risquent d’avoir un seul effet : les renforcer. Et parfois ne pas voter signifie un désengagement de la conscience citoyenne, peut-être même le primat du chacun pour soi sur la solidarité.

 

Enfin, il se peut que celles et ceux qui votent le moins se retrouvent parmi ceux qui réclament le plus les aides de l’Etat et de la Collectivité, se rebellent le plus contre les pouvoirs que leurs votes auraient pu empêcher de se mettre en place…

 

Des jeunes français de tous bords se sont rassemblés à Orléans pour inciter leurs amis à aller voter. Ils disent : "Si tu ne votes pas, derrière, t'as pas le droit de venir te plaindre. T'as pas le droit de gueuler sur le gouvernement en place." (Jad, 28a, Orléans) '' Si tu ne votes pas, tu ne râles pas ''

 

La majorité qui sortira des urnes le 9 juillet ne dépend que de nos votes. Si nous n’allons pas voter, n’allons pas ensuite nous plaindre !

 

Voter contre ?

 

J’ai l’impression d’entendre partout qu’il faut voter contre… Les postures des trois camps qui s’affrontent s’expriment le plus souvent en langage guerrier où tous les moyens sont bons pour discréditer l’autre.

 

Quand j’écoute la plupart les débats télévisés, je n’entends plus des débats mais des combats : personne n’écoute personne, il s’agit seulement d’écraser l’autre.

 

Choisir la rectitude et le bien commun !

 

Dire oui à celles et ceux qui proposent et ouvrent des possibles, pour dire non à celles et ceux qui ne font que dénoncer et dénigrer.

 

Dire oui aux valeurs essentielles de notre peuple et de notre histoire, et dire non au racisme de tous bords et au rejet de l’autre différent.

 

Dire oui à la pluralité, au dialogue, à la négociation, pour dire non aux postures guerrières d’affrontements entre des camps qui estiment avoir seuls la vérité. Dire oui aux compromis pour dire non aux compromissions.

 

Dire oui à la sincérité et à l’humble recherche de la vérité, pour dire non à des langages démagogiques faisant toutes les promesses possibles pour nous faire croire qu’avec eux tout ira bien pour nous alors qu’avec les autres tout ira mal. Ils passent leur temps à se présenter comme le bien face au mal, à se poser en sauveur contre les exploiteurs, à se prendre pour Dieu contre le diable…

 

Nous savons bien que dans tous les camps, il y a des personnes droites, honnêtes, s’engageant sur des convictions que parfois nous ne partageons pas, mais ouvertes au dialogue dans un but constructif.

 

Nous savons aussi que dans tous les camps il y a des personnes troubles préférant privilégier leur carrière personnelle plutôt que le service de la collectivité, des personnes prêtes à toutes les compromissions pour parvenir à leur fin.

 

Nous savons enfin que dans toutes les périodes de crise démocratique, c’est le dialogue, le respect, la négociation et parfois l’union nationale qui ont permis de sortir la tête de l’eau.

 

Dire oui à l’espérance qui se sert les coudes, pour dire non au règne de la peur : canaliser nos peurs pour qu’elles n’inspirent pas nos votes : oui le monde est incertain, oui l’avenir n’est pas écrit d’avance, oui l’insécurité et l’incertitude nous déstabilisent.

 

La peur ne construit jamais rien. La peur génère le retrait, le repli, la méfiance de l’autre, et finalement la violence.

 

Dire oui à la résistance face aux cyclones destructeurs : face au terrorisme nazi, les peurs ont

suscité des collaborateurs.  C’est la résistance et le rassemblement qui ont restauré notre intégrité et notre identité nationales, et nous ont redonné la liberté de vivre pacifiquement et de reconstruire.

 

De la même manière, il est temps de résister plutôt que de se rebeller. Il est temps de sortir de la méfiance et de la peur pour nous nourrir de nos valeurs et de nos convictions.

Voter pour !

 

Voter pour, c’est-à-dire exprimer des convictions, faire des choix, dire ses priorités, et vérifier que celles et ceux pour qui nous allons voter partagent ces convictions et s’engagent à les mettre en œuvre avec énergie.

 

Voter pour, c’est se forger nos convictions dans le dialogue avec nos proches comme avec ceux qui ont des avis différents, et mettre ces convictions en cohérence avec nos valeurs profondes. Cette attitude responsable et proactive nourrie de nos valeurs nous empêche de suivre de manière grégaire les ukazes d’un parti, de vociférer avec les manipulateurs d’opinion, de nous conformer aux modes du moment dans les démarches sectaires des violents de tous bords.

 

Aucun des trois camps n’a la vérité ni la baguette magique. Le salut vient toujours du respect, de la négociation, de l’élaboration de projets et de stratégies nourris de nos convictions différentes, de l’obligation de construire ensemble.

 

Vous me direz peut-être que tout cela est du rêve. Oui c’est du rêve si nous restons spectateurs sur le bord de la route, répandant notre fiel sur celles et ceux qui vont dans l’arène, parfois pour écraser les autres, sans même chercher à entendre celles et ceux qui portent une voix différente.

 

Ce n’est plus du rêve et ça devient réalité dans notre circonscription électorale : nous connaissons nos élus, nous pouvons les écouter, lire leurs objectifs et leurs projets, les interpeller, les rencontrer… puis voter pour l’un·e plutôt que pour l’autre, en cohérence avec nos convictions. C’est l’indispensable dialogue républicain : sans nous y engager, il ne nous restera que la manifestation ou la rébellion pour faire entendre dans le chaos des voix que nous aurions dû faire entendre par le vote.

 

Ce n’est plus du rêve si nous regardons et rejoignons celles et ceux qui œuvrent sur le terrain : ils se mettent au service de dynamiques collectives et reconstructives dans les quartiers chauds, dans la protection de l’enfance, dans l’accompagnement des blessés de la vie et des exclus de la société, dans l’intégration des étrangers, dans la résolution des tensions familiales, sociales et professionnelles…  et dans tous les lieux de conflits.

 

Que celles-là et ceux-là qui œuvrent sur le terrain soient les vrais inspirateurs des politiques qui seront élus le 7 juillet… et surtout qu’ils soient nos inspirateurs et nos « motivateurs » pour choisir d’aller voter et d’exprimer nos convictions dans le respect de tous.

 

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères

sinon nous allons mourir tous ensembles comme des imbéciles »

 Martin Luther King 


 

Extrait du discours de Martin Luther King, le 28 août 1963 :


Je peux vous dire aujourd'hui, mes amis, qu'en dépit des difficultés et des frustrations actuelles, j'ai quand même fait un rêve. C'est un rêve profondément enraciné dans le rêve Américain.


J'ai fait un rêve, qu'un jour, cette nation se lèvera et vivra la vraie signification de sa croyance : "Nous tenons ces vérités comme évidentes : que tous les hommes naissent égaux."


J'ai fait un rêve, qu'un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.


J'ai fait un rêve, qu'un jour même l'état du Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.



J'ai fait un rêve aujourd'hui. J'ai fait un rêve, qu'un jour l'état de l'Alabama, dont le gouverneur actuel n'a à la bouche que les mots d'interposition et d'invalidation, sera transformé en un endroit où les petits garçons et les petites filles noirs pourront prendre la main des petits garçons et des petites filles blancs et marcher ensemble comme frères et sœurs.


J'ai fait un rêve aujourd'hui. Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair. Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.


Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre nation en une superbe symphonie de fraternité.


Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble, en sachant qu’un jour, nous serons libres.


 

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Marc THOMAS

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